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Francis Moreau

Présentation de travaux de recherches historiques et généalogiques

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Fulcran de Lodève un évêque du Xe siècle

 

Fulcran, l'homme de Dieu, issu d'une lignée glorieuse et noble, et assujetti dès sa jeunesse à des maîtres expérimentés dans l'étude des lettres, s'affermissant d'autre part dans la pratique des vertus, est élevé à la dignité épiscopale dans la cité de Lodève. Alors que le saint pasteur demeurait dans cette ville, il commença à acquérir de la considération par ses actions vertueuses et à devenir célèbre par ses nombreux miracles. Il était, en effet, enraciné dans la foi, zélé pour le culte de Dieu, sobre, chaste, doux et miséricordieux. Le souci qu'il avait des indigents et des pauvres, des orphelins et des veuves était tel que, dès qu'il avait connaissance de leur total dénuement il y portait remède, autant qu'il était en son pouvoir. [1]

Il s'agit ici du début de la Vie de saint Fulcran, évêque de Lodève de 949 à 1006, selon une première Vie composée vers la fin du XIe siècle soit moins de cent années après sa mort. En quelques phrases, la vie et l'action de Fulcran est décrite avec une précision suffisante aux yeux de l'hagiographe. Celui-ci est un homme noble de naissance (mais ses parents ni sa famille ne sont nommés), il est instruit, vertueux, proche des pauvres. Enfin et surtout, les miracles fleurissent autour de lui, n'est-ce pas la preuve irréfutable de sa sainteté ?

Les quinze chapitres de cette Vita Prima se succèdent sans souci chronologique. Neuf chapitres sont consacrés aux miracles, la plupart ayant lieu en Auvergne; deux (III et IV) racontent des pèlerinages sur le tombeau des apôtres à Rome; le chapitre V relate un voyage en Rouergue lors d'une disette dans son diocèse et un seul chapitre (XII) est consacré à son action épiscopale dans le lodévois.

Une seconde Vie (Vita Secunda) sera composée à la fin du XIIe siècle par Pierre Lélut (Pierre de Millau), abbé de Mazan en Vivarais. Aujourd'hui perdue, cette vie a été largement reprise par l'évêque Bernard Gui. Plus développée que la première, elle s'attarde d'emblée sur la naissance et la jeunesse de Fulcran, sur ses démêlés avec les vicomtes de Lodève, et elle mentionne trois voyages à Rome au lieu de deux. [2]

Ces vies peuvent être utilement complétées par les actes dits "diplomatiques" au nombre de huit et qui vont de l'an 972 à l'an 999. [3]

Nous sommes au temps des trois derniers rois carolingiens, Louis IV (936-954), Lothaire II (954-986) et Louis V (986-987), donc au moment d'une brève restauration carolingienne avec le retour d'Angleterre du fils de Charles le Simple déposé en 922 par une aristocratie frondeuse. Cette restauration sera suivie par l'avènement des capétiens, Hugues Capet (987-996) et Robert II (996-1031), avènement considéré par de nombreux contemporains, dont Fulcran, comme la victoire du féodalisme.

Être évêque au Xe siècle

En tant que successeur des Apôtres l'évêque est considéré comme l'intermédiaire entre Dieu et le peuple. En vertu du pouvoir de lier et de délier conféré à saint Pierre, il détient le pouvoir de juger, pouvoir qu'il exerce par la pénitence publique et l'excommunication, deux peines très redoutées par les acteurs du Moyen-Age. [4] La charge épiscopale est une dignitas, une haute charge considérée comme étant d'origine divine. L'évêque, surveillant des âmes (speculator animarum), a la responsabilité du salut de tous les individus. Par leur culture, par leur habitude de délibérer en assemblée, les évêques de cette époque sont les éducateurs des laïcs. Leur ordre (ordo episcopalis) exerce une surveillance étroite sur les deux autres ordres (ordo laïcus et ordo monasticus) par le jugement et le conseil, (judicium et concilium). [5]

Le siècle de Fulcran

Le Xe siècle est mal connu et souvent caricaturé. C'est pourtant le siècle de la fin des invasions et de la disparition des peurs. Les Normands sont fixés en Basse-Seine dès 911. Leur chef Rollon est baptisé en 912. L'événement est à rapprocher du baptême de Clovis. La France est le territoire de plusieurs peuples mais d'une seule identité, acquise par le baptême. Les Hongrois sont vaincus par le comte de Toulouse en 924. Les sarrasins font une dernière grande incursion jusqu'aux portes de Toulouse en 920.

L'époque est par voie de conséquence à la reprise économique. Les routes sont plus sûres. Le commerce s'intensifie. Pèlerins, marchands, soldats encombrent les routes. Les Vies décrivent Fulcran comme un évêque essentiellement itinérant.

L'époque est aussi à la construction d'églises et à la fondation de monastères. Citons les monastères de Cluny en 909, Saint-Pons de Thomières en 937. Châlons en Champagne se dote d'une nouvelle cathédrale en 963, Lodève en 975, Sens en 982.

Ce siècle qu'on dit «de fer» est aussi celui de la continuité juridique. Le Midi a conservé un héritage juridique vivace, plusieurs Droits cohabitent :

Droit Romain : on trouve les mots fideicomis et usum et fructum dans le testament de 988.

Droit Wisigoth : en témoigne la lecture publique de son testament après sa mort.

Droit Franc : Lors d'un plaid judiciaire à Nîmes en 972, le jet d'un sarment de vigne symbolise le renoncement à une propriété.

Un nouveau pacte social se met en place grâce à de nouvelles institutions comme la Paix de Dieu, pour la protection des pauvres et des biens de l'Eglise.

Par contre, Fulcran semble ignorer le Droit Canonique lorsqu'il dédicace des églises hors de son diocèse et sans qu'il soit fait mention de l'ordinaire (l'évêque) du lieu. Il peut s'agir d'un effet hagiographique occultant, volontairement ou non, les personnages subalternes.

C'est aussi le siècle de la seconde restauration carolingienne après un court intermède robertide (923-936). Louis IV d'Outremer règne en France depuis 936. Lothaire (954-986) et Louis V (986-987) lui succéderont avant l'arrivée des capétiens.

Fulcran évêque

C'est le 4 février de l'an 949 que Fulcran est élevé (élu) au siège épiscopal de Lodève. Le marquisat de Gothie est alors entre les mains des comtes raimondins de Rouergue et Toulouse (Raimond IV de Toulouse et Guillaume Taillefer; Raimond Ier et Raimond II de Rouergue). C'est un aristocrate, car le sang noble est le seul à posséder le charisme nécessaire pour conduire le peuple de Dieu. C'est un prince puissant qui possède une vingtaine d'églises et de villæ ainsi que plusieurs pôles fortifiés (Tour d'Aubaïgues et de Soubès, castrum de Gibret, château de Roquefeuil [6] ). Tout indique qu'il était à la tête d'une clientèle guerrière : les chevaliers vassaux (miles ou milites soldats au service de l'évêque ou des nobles). Son élection a été approuvée par les vicomtes de Lodève, ce qui démontre assez qu'il n'était pas en opposition à leur encontre. L'opposition irréductible entre Fulcran et les Vicomtes, relatée par la seconde Vie de l'évêque, est le reflet d'une situation de concurrence entre les deux pouvoirs, propre au XIIe siècle, mais n'a aucune justification au Xe.

Fulcran est l'homme du Roi. Charlemagne ayant étroitement associé autorité civile et autorité ecclésiastique afin d'assurer la paix et la bonne marche du royaume, l'évêque est par excellence le gardien de la cité.

Fulcran est anti-féodal, il n'a de cesse de condamner les exactions des premiers féodaux, les chevaliers-vassaux, car elles mettent en péril l'ordre civil, social et religieux.

Fulcran est un légitimiste. Fidèle à Charles de Lorraine, fils de Louis IV d'Outremer, il refuse de reconnaître Hugues Capet élu roi après la mort du jeune Louis V en 987. Ses actes de la période capétienne sont datés par la formule ac rege sperante (dans l'attente d'un roi).

Action épiscopale

Fulcran dirige son diocèse avec l'aide du Chapitre qu'il réforme et dont il prend grand soin. Les chanoines au nombre de treize doivent vivre en communauté dans l'enclos canonial qui sera plus tard organisé autour du cloître. Les fonctions principales du Chapitre de Saint-Genès sont de trois ordres : La louange par le chant des offices liturgiques dans le chœur de la cathédrale sept fois par jour; la charité par l'entretien des hôpitaux et l'aide aux pauvres; l'enseignement par l'entretien d'une école où l'on enseigne le latin, l'Ecriture Sainte, la liturgie, sans oublier le plain-chant.

Il surveille le clergé et surtout les prêtres ruraux dont la situation est trop souvent précaire. D'origines modestes, ils partagent parfois de trop près la vie et les plaisirs des paysans. Certains d'entr'eux, qui dépendent des grands propriétaires locaux fondateurs d'églises sur leurs domaines, sont traités en serviteurs sans plus d'égards pour leur sacerdoce.

Il veille à l'instruction des clercs et à la régularité des pratiques religieuses. C'est l'époque où se met en place le conformisme dominical et saisonnier : baptême des enfants, repos dominical, messe hebdomadaire, confession, communion trois fois l'an, etc...

Il doit aussi affronter de nombreux litiges avec les laïcs, qu'il s'agisse de détournement des dîmes, de redevances extorquées aux desservants des églises ou d'usurpations des terres d'églises et de pillages divers de la part des féodaux.

Comme son contemporain Artaud de Reims, [7] il doit conduire une expédition guerrière (un ost) pour récupérer son château de Gibret (nom d'un piton basaltique, près de Salelles), occupé par des chevaliers pillards. Il laissera la vie sauve aux bandits, c'est le moins de la part d'un homme de Dieu, mais c'est aussi un des signes qui démontre que cette époque est moins barbare qu'on ne l'a souvent dit. Les protagonistes de ce genre de conflit savent adopter des attitudes conciliantes pour épargner du sang.

Fulcran favorise la vie monastique, il fonde l'abbaye de Saint-Sauveur près de sa cathédrale, il réforme celle de Joncels, il s'intéresse à Psalmodi. Ami de l'abbé Mayeul de Cluny, il s'inspire de la réforme clunisienne pour ses propres œuvres, mais sans cependant adhérer à la vision centralisatrice et "papiste" des clunisiens. A ses yeux, l'évêque doit préserver toutes ses prérogatives. Saint-Sauveur sera toujours placé sous la tutelle étroite des évêques de Lodève. A contrario, il se désintéresse de la puissante abbaye de Gellone qui échappe à sa juridiction, bien que située dans son diocèse.

Enfin, Fulcran se distingue par sa dévotion affirmée à la Trinité et au « Filioque ». Alors que les églises orthodoxes et orientales invoquaient le Saint-Esprit qui procède du Père ... depuis 589 les catholiques latins invoquaient l'Esprit qui procède du Père et du Fils [8] On retrouve l'affirmation trinitaire à de très nombreuses reprises dans les textes de Fulcran, telle cette formule extraite de son Testament : Pour l'amour et la dilection du Seigneur Père éternel; Pour la charité de Jésus Christ notre Rédempteur; et pour la confession du Saint-Esprit procédant de l'un et de l'autre.

Fulcran évêque voyageur

Les Vies font état de trois voyages à Rome. En tant qu'évêque il pouvait s'y rendre pour rencontrer le Pape dans le cadre d'une visite « ad limina » ou bien tout simplement en pèlerin, l'attraction de Rome étant très forte à cette époque pour les âmes pieuses et les pénitents. On peut hasarder la date de 950 pour une première visite auprès du pape réformateur Agapet II. Le jeune évêque y aurait été accompagné par l'évêque du Puy Godescalc et Etienne de Mende son parent. La seconde visite a pu se produire dans les années 989-990, auprès du pape Jean XV. Fulcran y aurait accompagné le vicomte de Béziers, et ce voyage pourrait être la vraie raison du Testament de 988. Il était courant alors de rédiger un testament (par prudence) avant de prendre une longue route. Nous retiendrons la date de 999 pour la dernière visite à Rome, en compagnie de Etienne de Mende et de son épouse Almodis. Le pape d'alors, Sylvestre II était un ancien moine d'Aurillac et ses qualités à la fois d'organisateur et d'intellectuel ne pouvaient que séduire Fulcran.

Fulcran voyage beaucoup en Auvergne où il accomplit l'essentiel de ses nombreux miracles. Il se rend en Rouergue pour y chercher du blé lors de la grande famine de 994. Il assiste à la consécration d'un autel dans l'abbaye Saint-Michel de Gaillac dans le Tarn. L'action se passe en 972. La même année il est à Nîmes où il participe à une Assemblée de Justice (plaid) en tant que juge et médiateur. En 994 encore il est au Puy où il participe a un concile pour la Paix. Il fait un pèlerinage sur le tombeau de son ami Mayeul de Cluny à Souvigny dans l'Allier. Il participe enfin à l'assemblée réformatrice de l'abbaye camarguaise de Psalmodi en 1004.

Fulcran santo subito !

Fulcran s'éteint le 13 février 1006 après un long et énergique épiscopat. L'histoire a retenu de lui son zèle pour la foi, son œuvre réformatrice et le considérable enrichissement du diocèse par l'importance de ses dons. Nul ne doute que sa réputation de sainteté ne se soit exprimée dès son décès. Après sa sépulture, la foi du peuple n'épargna ni les linceuls sanctifiés pour l'avoir recouvert, ni les couvertures du lit funèbre. On attachait une grande importance à pouvoir s'en procurer la moindre fibre et ainsi toutes ces choses furent déchirées et mises en pièces... le lit lui-même fut scié, taillé à coups de hache, même les parcelles de sciure étaient soigneusement recueillies..

Elevation et Translation

Au cours du XIIe siècle, devant les progrès du catharisme, le clergé catholique était en retrait, se recrutant mal et en but à l'hostilité d'une partie de la noblesse méridionale qui ne cachait pas son envie de mettre la main sur les biens ecclésiastiques. En 1207, le pape Innocent III, découragé, avait renoncé aux colloques, aux missions, et à toute politique de ménagement. Il demanda l'organisation d'une croisade. Celle-ci fut décidée le 15 janvier 1208, après l'assassinat du légat Pierre de Castelnau. Les moyens militaires furent réunis au printemps de 1209, sous la direction de l'abbé de Cîteaux Arnaud Amaury. La croisade trouva un fervent appui en la personne de l'évêque de Lodève Pierre Raymond de Montpeyroux, traumatisé par l'assassinat de son prédécesseur Pierre Frotier (1207). Le moment lui parut propice pour ressouder le peuple lodévois autour de son évêque par le moyen d'une manifestation solennelle. Ainsi fut décidée l'élévation et la translation du corps de Fulcran, lequel jouissait déjà d'une solide réputation de sainteté.

C'est donc en grandes pompes que le sépulcre du saint fut ouvert, son corps retrouvé intact et dans un état de conservation exceptionnel, puis exposé au peuple pour y être vénéré. Cette cérémonie grandiose est facilement datable de mai-juin 1209 en raison de la présence de l'évêque de Béziers Renaud de Montpeyroux (1208-1211) et de Thédise Balbi, adjoint au légat Milon, arrivé en mars 1209 et envoyé à Lodève par Arnaud Amaury ,abbé de Cîteaux, pour y régler un contentieux entre les moines de Saint-Sauveur et l'évêque au sujet de l'élection de leur abbé. [9]

Quelques semaines après, la croisade devait mettre le siège devant Béziers (juillet 1209). Arnaud Amaury devait s'y illustrer par son ordre de massacre général : Cœdite eos. Novit enim Dominus qui sunt eius. (Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens) Ce « Dieu reconnaîtra les siens » inspiré de la seconde épître à Timothée 2, 19 : cognovit Dominus qui sunt ejus est sans doute à interpréter dans le cadre général de la lutte contre l'hérésie où elle évoque la prédestination fatale quand viendra le moment du Jugement Dernier. La translation peut être donc comprise comme un moyen de gestion religieuse et sociétale. Affirmation symbolique de la puissance de l'Eglise, renforcement de la foi du peuple au moyen des miracles attribués au saint, affirmation de l'autorité de l'évêque de Lodève sur ses vassaux laïcs.

La cérémonie de la translation doit être considérée comme une cérémonie de canonisation, conduite non par le pape, mais par l'évêque, en un temps où le centralisme romain n'était pas encore complet. Il faudra attendre 1290 pour avoir une trace de reconnaissance officielle du culte rendu à saint Fulcran, dans une bulle du pape Nicolas IV. [10]

Le Martyre de Saint Fulcran

Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1573, une quarantaine de soldats protestants pénètrent dans la ville par l'égout du « gazelier », surprennent les habitants et ouvrent une des portes de la cité. Une ultime résistance dans la cathédrale échoue. Destructions, pillages et viols accompagnent le succès de l'entreprise. La nef de la cathédrale est démolie. Le corps de saint Fulcran est extrait de sa châsse, dépouillé de ses ornements, traîné dans les rues. Après un essai d'incinération, le cadavre est dépecé sur l'étal d'un boucher. Quelques fragments furent sauvés : trois doigts de la main, un os de la jambe, une partie de l'épaule, un lambeau de la peau du ventre, quelques os et un gant.

Ces reliques sont aujourd'hui exposées dans la cathédrale chaque 13 février, fête du saint, et portées solennellement en procession le long des boulevards chaque dimanche avant l'Ascension. La fête de la Translation est encore de nos jours la fête lodévoise par excellence avec cantiques et litanies, bannières et drapeaux, musique locale, orgues et cloches, sans oublier les divertissements populaires et les manèges dans le parc de la ville.

Dignitatem sacerdotalem

Si je voulais rapporter tout ce que le Seigneur a réalisé par ce bienheureux, le jour ne suffirait pas avant que mon discours ne soit achevé. En effet, quelle fut sa sainteté et quelle fut sa puissance, sa poussière desséchée l'atteste. A son tombeau, les malades viennent nombreux et s'en retournent guéris, les boiteux marchent, les aveugles voient et les démoniaques sont délivrés. En effet, tous ceux qui souffrent de diversent maladies viennent ici, recouvrent la santé et s'en retournent joyeux avec l'aide du Seigneur, lui qui exalte grandement son bien-aimé serviteur et qui vit et règne dans la Trinité parfaite, pour les siècles des siècles. Amen.

En tant qu'intermédiaires entre Dieu et le peuple chrétien, portiers du palais céleste (janitores) [11] juges et conseillers du Roi, les évêques sont fortement incités à se montrer dignes de leur rang. Ils se doivent de constituer un exemple pour leurs subordonnés et tous les autres fidèles. La vie de Fulcran, que nous a transmise l'hagiographie, se veut objectivement exemplaire de cette haute et exigeante destinée.

Mort de Fulcran
"Mort de Fulcran" (par Chauvet), cathédrale Saint-Genès et Saint-Fulcran, Lodève - Crédits: Nikolas Petit
Prise de Gibret
"Prise de Gibret" (par Louis-Joseph Fannelli-Semah), cathédrale Saint-Genès et Saint-Fulcran, Lodève - Crédits: Nikolas Petit

Francis Moreau 2015

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Notes :


[1] François Dolbeau, Analecta Bollandiana (Tome 100, 1982, pp.515-544) traduction Gérard Alzieu dans Études sur l'Hérault 1988.
[2] Société des Bollandistes Acta Sanctorum : 13 februarius.
[3] Publiés et traduits par Henri Vidal dans Un Évêque de l'An Mil, Saint Fulcran, Évêque de Lodève, Montpellier 1999.
[4] Mathieu 16,19 : Je te donnerai les clefs du Royaume des Cieux, quoi que tu lies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour lié, et quoi que tu délies sur la terre, ce sera tenu dans les cieux pour délié.
[5] Hic ergo imperii sui primordia talibus tantisque dedicare instituit auspiciis, ut incorrecta corrigentur, bona collapsa erigentur et stantia solidarentur, et quisque ordo in regno sibi tradito non passim levitate jactatus a propria regula exorbitaret, sed laïcus ordo justitiae deserviret atque armis pacem sanctae ecclesiae defenderet, monasticus ordo quietem diligeret, orationi vacaret, et qui se seculi actibus secrevisset, eisdem iterum nec voluntate nec necessitate semet subderet, episcopalis autem ordo, ut his omnibus superintenderet, scilicet ut si qui ab his aut voluntate aut necessitate deviarent, eorum sollerti judicio prudentique consilio ad lineam rectudinis correcti redirent. (Jonas d'Orléans, Translatio S.Hucberti, AASS, nov.817C). Voir Alain Dubreucq, Le Pouvoir de l'évêque au IXe siècle, dans Aux Sources de la Gestion Publique, Elisabeth Magnou-Nortier, Tome III Hommes de Pouvoir Ressources et lieux du Pouvoir, P.U. Septentrion, Université Charles-de-Gaulle - Lille III (pp. 87-110).
[6] Roquefeuil, château ruiné, sur le mont Saint-Guiral, aux limites des communes de Dourbie, d'Arrigas et d'Alzon (Gard). Ce château est le lieu probable de la naissance de Fulcran vers 920.
[7] Bernard Gui caput VI 38. Richer de Reims, Histoire de France, 888-995, Tome II 21.
[8] ex patre filioque procedit (3e concile de Tolède en 589).
[9] Plantavit de la Pauze, Chronologia Praesulum Lodovensium.
[10] ...qui candem ecclesiam devote visitaverint annuatim in singulis sanctorum Genesii et Fulcrani festivitatibus et per octo dies festivitates ipsas immediatem sequentes necnon in anniversario die dedicationis ipsius ecclesie, unum annum et XL dies de injuncta sibi penitentia misericorditer relaxamus. Datum apud Urbem veterem III kalendas auhusti anno III° (Reg. Vatic. n°45, f°65, n°340 bis et reg.44 f°226 v° n° 515) Cité par Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, Tome 2 note IV.
[11] Jonas d'Orléans, De cultu imaginum.