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Francis Moreau

Présentation de travaux de recherches historiques et généalogiques

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Généalogie de Saint Fulcran, évêque de Lodève

 

Introduction

Depuis près de dix siècles, Saint Fulcran est la figure majeure du lodévois. De sa figure spirituelle, la sainteté et les miracles qui lui sont attribués en sont l'attestation. Quant à sa figure temporelle et séculière, la complète réorganisation et le développement de la ville et du diocèse de Lodève en sont l'illustration.

Depuis le XVIIe siècle, la légende le fait naître à Mérifons, dans un humble moulin de la vallée du Lignous. Ici, l'analogie avec la grotte de Bethléem semble évidente. Dans leur monumentale Histoire Générale du Languedoc , Dom Vic et Dom Vaissette suggèrent plutôt une appartenance à la famille de Roquefeuil, dont les racines s'étendent autour du Mont-Saint-Guiral, aux confins du Gard et de l'Aveyron, autre berceau possible de notre saint.

Eloignons-nous des origines hagiographiques de Fulcran pour nous pencher sur un évêque des temps carolingiens, en ce dixième siècle si peu connu.

Fulcran et son oeuvre épiscopale nous sont connus par quelques VIES rédigées entre le XIe et le XVIIe siècle, ainsi que par neuf documents contemporains qui, sauf pour l'un d'entre eux, ne nous sont accessibles que par des copies. (Pour la teneur de ces documents, voir H.Vidal: Saint-Fulcran évêque de Lodève). Mais à côté de ces pièces exceptionnelles, on trouve d'importantes collections de chartes de même époque, publiées dans des cartulaires locaux ou par les savants bénédictins de l'Histoire du Languedoc. Ces ouvrages permettent de situer les documents lodévois au sein d'un contexte élargi et donc d'autant plus éclairant pour notre propos.

Fulcran un aristocrate

Lorsque, en février 949, Fulcran prend possession du siège épiscopal de Lodève, nous sommes en période de restauration carolingienne. Louis IV d'Outremer, d'abord exilé en Angleterre après la déposition de son père Charles III Le Simple, règne depuis 936, succédant au robertien Raoul. Depuis 918 la Septimanie est entre les mains des comtes raimondins de Toulouse qui sont parvenus à éliminer la dynastie guilhelmide; celle-ci a eu le tort, en 839, de préférer Pépin II d'Aquitaine à Charles le Chauve.

Fulcran est un légitimiste. Il appui sans réserve la royauté et restera sa vie durant fidèle aux descendants de Charlemagne. Après la disparition accidentelle du dernier carolingien (Louis V) et l'élection de Hugues Capet, Fulcran se renferme dans une une attitude de refus boudeur dont il ne se départira plus jusqu'à sa mort. Cette élection, qui faisait fi des droits de Charles de Lorraine, était à ses yeux une usurpation et un symptôme de l'abaissement fatal du pouvoir royal. Cet effacement du pouvoir royal n'était pourtant pas nouveau. Il avait d'abord bénéficié aux Comtes avant de bénéficier à ses pairs les évêques, après l'effacement du pouvoir comtal lui-même.

Comme ses collègues, Fulcran est un agent de la restauration de l'Eglise et un réformateur. Il s'appuie sur le roi pour s'affranchir du Comte. Très lié à l'aristocratie locale, représentée à Lodève par les Vicomtes, il sait aussi lui tenir tête lorsque les intérêts de son église l'exigent.

Car Fulcran est aussi un aristocrate. Il importe que l'évêque soit un noble, que son sang soit porteur de charismes qui prédestinent aux fonctions d'intercesseur, écrit Georges Duby. Certaines races passent pour détenir le pouvoir de communiquer avec l'invisibleécrit-il encore, et l'on voit ainsi de véritables familles épiscopales où les sièges passent d'oncles à neveux sur plusieurs générations. Aussi, dès son adolescence, peut-être même dès son enfance, Fulcran a-t-il été destiné et préparé à l'épiscopat sous la houlette de son prédécesseur Théodoric.

Fulcran et son siècle

Ce siècle, on a longtemps dit qu'il fût celui de la terreur. En réalité, il fût aussi celui de la disparition des peurs. Dès 911 les Normands sont fixés en Basse-Seine. Vaincus par le comte de Toulouse Raimond-Pons en 924, les Hongrois ne reparaîtront plus dans la région. Quant aux Sarrasins, après une dernière grande incursion en deçà des Pyrénées jusqu'aux portes de Toulouse en 920, ils se cantonneront désormais à quelques razzias sur les côtes provençales.

L'époque est à la reprise économique aussi bien que démographique. Le commerce s'intensifie, les routes sont plus sûres, des routes encombrées de marchandises mais aussi de pèlerins et de soldats, selon Fernand Braudel.

Fulcran n'est pas le dernier à voyager hors de son diocèse. En véritable roumieu, il se rend trois fois à Rome. Par deux fois il va s'incliner sur la tombe du bienheureux Mayeul, à Souvigny dans l'Allier. Il ira au Puy, à Issoire, à Gaillac, à Nîmes. Sa première Vie, la Vita Prima, nous le décrit comme un personnage essentiellement itinérant. L'Auvergne serait même pour lui une destination privilégiée, poussé par la charité et l'amitié qu'il portait aux habitants de ce pays, écrit l'auteur anonyme.

Lorsqu'il construira une nouvelle cathédrale (en 975), quand il fondera l'abbaye Saint-Sauveur, quand il restaurera Joncels, Fulcran s'inscrira tout naturellement dans le mouvement général de son époque. Châlons-en-Champagne aura une nouvelle cathédrale en 963, Sens en 982.

D'innombrables petites églises rurales couvrent la campagne. Sous l'impulsion de l'aristocratie locale les fondations nouvelles fleurissent un peu partout. Le mouvement clunisien introduit peu à peu la soumission-dévotion à Rome. Fulcran rénove son Chapitre Cathédral en lui impulsant un caractère fortement aristocratique et en le promouvant centre de la vie ecclésiastique du diocèse.

Enfin, ce siècle de fer est aussi celui du Droit et de la continuité juridique. Loin d'être un champ de ruines institutionnel, le Midi a conservé un héritage juridique vivace (KF.Werner). De nouvelles institutions comme celle de la Paix de Dieu font de l'Eglise la productrice d'un nouveau pacte social.

Si la fin du siècle voit apparaître une nouvelle montée de l'insécurité, il ne s'agit pas cette fois des invasions étrangères, mais de la nouvelle caste féodale qui se recrute pour l'essentiel parmi les gens de guerre. Aux yeux de Fulcran, l'élection d'Hugues Capet en 987 est une atteinte au Droit et le signal de l'abaissement de l'autorité royale. La lutte contre des féodaux turbulents sera une de ses préoccupations majeures à l'aube du second millénaire (en témoigne le fameux épisode de la prise de Gibret).

Voyages et rencontres

En 950, l'Auvergne chère à Fulcran est au bord de l'anarchie. Des vicomtes insurgés se ruent contre les biens d'Eglise et contre les paysans libres. Au sommet, Guillaume Tête d'Etoupe, comte de Poitiers, et Raimond II de Rouergue se disputent le comté. La rivalité entre Guilhemides et Raimondins sera-t-elle éternelle ? Pourtant, Raimond est d'un caractère plutôt pacifique. C'est le suzerain de Fulcran, aussi lui demande-t-il de se joindre à ses collègues l'évêque Godescalc du Puy et Etienne de Mende pour se rendre avec eux à Rome et solliciter l'appui du Pape Agapet II.

Déjà, les évêques cherchent ailleurs que dans les Princes une autorité effective. Rome, Haut-lieu spirituel, fait l'objet d'un pèlerinage universel. Les Papes, détenteurs de la Souveraineté impériale, jouissent d'un grand prestige. En outre, Agapet est un pape pieux et réformateur. Il soutient la réforme de Cluny. Il apportera son aide aux évêques en leur délivrant des bulles de protection en faveur de l'église auvergnate, ceux-ci ne feront bientôt plus confiance qu'à la royauté de l'église pour assurer la paix, écrit C.Lauranson-Rosaz.

Fulcran est à Nîmes en 972 pour participer à une Assemblée de Droit Franc en tant que juge et médiateur. Il s'agit alors de régler un contentieux entre le comte de Rouergue (Raimond II) et l'évêque d'Uzès. Fulcran se trouve aux côtés de Bernard, l'évêque de Nîmes, et de ses deux neveux, Siguin et Bernard. Siguin est probablement le père ou le grand-père de Siguin de Roquefeuil, bien connu à Lodève pour un legs en faveur de Gellone qu'il fera en 1032. Cette même année 972, c'est à Gaillac (Tarn) que Fulcran assiste à la consécration d'un autel dans l'abbaye Saint-Michel. Il est là à l'invitation de Frotaire, évêque d'Albi et neveu de Bernard de Nîmes auquel il succédera plus tard. Fulcran et ce même Frotaire se rencontreront encore en 1004, à l'occasion de l'Assemblée réformatrice de Psalmodi, l'abbaye camarguaise dont dépendait Joncels. Au-delà de la présence judiciaire ou honorifique de Fulcran à ces réunions, on pressent que des liens familiaux ne sont pas étrangers à sa présence à Gaillac et à Nîmes. Nîmes est la vicomté et le diocèse desquels Fulcran relevait en tant que co-seigneur de Roquefeuil, d'après son « Testament » de 988. Comment ne pas remarquer aussi que Bernard de Nîmes a été intronisé évêque en 949, la même année que Fulcran à Lodève. Nîmes, son diocèse et sa vicomté paraissent être le trait d'union entre toutes les personnes rencontrées par l'évêque de Lodève dans ces deux occasions.

Mais le Rouergue semble être lui aussi l'objet d'une attention particulière de la part de Fulcran. Dans son « Testament » il fait une donation au monastère de Nant (Aveyron). Ce monastère, proche du castello quod vocant Rocafolio, était placé sous la tutelle de l'abbaye de Vabres. Nant avait été fondée en 877 par Bernard et Udalgarde. Vabres était une fondation du comte de Toulouse et Rouergue Raimond Ier en 861, avec le concours de l'abbé Adalgise et du moine Georges. Ce dernier deviendra évêque de Lodève et fera l'objet d'un culte à Lodève même, du temps de Fulcran. C'est d'ailleurs en Rouergue que Fulcran va se procurer du froment et être à l'occasion de ce voyage attaqué par le comte de Rouergue Raimond II. Ce comportement de la part d'un grand seigneur contre un évêque qu'il connaissait ne correspond pas à la personnalité d'un prince qui participera activement au concile de la Paix de Narbonne en 990. Ce voyage pourrait se situer en 982, époque troublée par le divorce de Louis V, fils du roi Lothaire et de Adélaïde d'Anjou, ancienne épouse du comte Raimond IV de Toulouse (mort en 978). L'attaque dont a fait les frais Fulcran pourrait s'inscrire dans le cadre des premiers soubresauts de la féodalité naissante. Dans ce cas, la dénomination Comte de Rouergue cacherait plutôt l'entreprise d'un féodal local; la légende aura embellie le personnage.

Fulcran à Rome. Ce pèlerinage est peut-être la vraie raison de la donation pour l'âme de 988. Fulcran y accompagnait Guillaume, vicomte de Béziers et Agde, une famille en lien avec son ami Matfred, évêque de Béziers.

Un peu plus tard, Fulcran est présent au concile pour la Paix de Dieu organisé à Saint-Paulien (près Le Puy) en 993-994 par l'évêque Guy d'Anjou. Comme Fulcran, Guy d'Anjou est un réformateur, très proche des comtes de Gévaudan. Ses neveux, Bertrand et Pons, sont les enfants de sa soeur Adélaïde et de Etienne de Brioude, décédé en 975/76. Adélaïde s'est remariée ensuite avec Raimond IV de Toulouse qui meurt à son tour en 978. Après le malheureux épisode avec Louis V, Adélaïde épousera en 984, Guillaume d'Arles, comte puis marquis de Provence.

Le but de ce concile était de défendre le droit temporel des églises ainsi que le menu peuple, désarmé devant l'avidité des puissants. Les nouveaux chevaliers y apparurent comme les principaux responsables des déprédations et du désordre. Mais Fulcran, par sa présence, se situe aussi dans le cadre d'une coalition politique réunissant angevins et toulousains tentant de faire pièce à l'influence guilhemide et poitevine. Institué Protecteur du peuple désarmé, enrôlé dans une combinaison familiale et politique, ce rôle éminent et cette attitude de l'évêque de Lodève expliqueront certainement en partie le conflit latent entre l'évêque et les vicomtes de Lodève, qui sont aussi ses parents mais qui sont eux guilhemides.

Enfin, c'est en 999, à l'occasion de son jubilé épiscopal, que Fulcran entreprit son troisième et dernier pèlerinage à Rome. Il y accompagnait Etienne de Gévaudan et Almodis son épouse, qui venaient de soumettre directement au Pape leur fondation de Langogne. Sylvestre II, un ancien moine d'Aurillac aux qualités multiples cherchait alors à initier la réforme de l'Eglise, ce qui ne pouvait que séduire Fulcran.

L'abbaye d'Aurillac et son fondateur, Géraud, n'étaient pas inconnus de Fulcran. La chapelle castrale de Roquefeuil était consacrée à Géraud (St Guiral). Fulcran encore jeune avait peut-être assisté à la consécration. Géraud, mort en 918, était un prince de la lignée guilhelmide. C'était pour Fulcran un modèle, car comme un roi, il avait protégé les églises et la paix, et comme un moine il avait chanté les psaumes et vécu dans l'humilité, l'obéissance et la chasteté (G.Duby). Fulcran ne manquera pas d'introduire son culte dans le lodévois en lui consacrant l'église de Saint-Guiraud ainsi que l'église primitive du castrum de Soubès.

Enfin, l' Assemblée de Psalmodi, en 1004, ressemble beaucoup à une réunion quasi familiale. Fulcran y rencontre une dernière fois Adélaîde d'Anjou; Guillaume III Taillefer son fils; Pons de Brioude, autre fils d'Adélaïde; Pons et Hugues, les frères de Raimond III de Rouergue.

Orgines familiales

Au Xe siècle, deux grandes familles comtales dominent la région: les Raimondins à Toulouse et en Septimanie, les Guilhelmides en Poitou et en Auvergne.

Les Raimondins sont issus d'une grande famille de la noblesse d'empire (Reichsaristokratie): les Nibelungen. Ce sont des Princes pippinides venus d'Austrasie qui se sont progressivement acculturés en terres méridionales. Selon Hélène Débax, le vaste territoire qu'ils gèrent n'est pas l'expression d'un particularisme local resté vivace face aux institutions franques, mais le résultat d'une fusion des cultures dans cette haute aristocratie. Raimondins, comme Guilhelmides, vont essayer de s'attacher étroitement et par tous les moyens la noblesse locale d'origine gallo-romaine ou wisigothique. C'est cette fusion entre une aristocratie autochtone et la Reichsaristokratie qui est conçue, selon Hélène Débax, comme un phénomène constitutif de la principauté méridionale. Toujours selon Hélène Débax, cette fusion des aristocraties va donner naissance à de vastes conglomérats familiaux qui gèrent conjointement comtés, vicomtés et évêchés sans véritable partage territorial des compétences (indivisions). A l'intérieur de ces conglomérats, la parenté paraît être conçue comme un groupe horizontal de collatéraux qui participent tous du Pouvoir Comtal (H.Débax).

La question n'est donc pas tant de savoir si Fulcran appartient ou non à l'aristocratie gallo-romaine ou germanique, mais à quel groupe il se rattache et quelle est sa place dans ce groupe.

A ce stade, plusieurs indices sont à considérer :

  1. Les relations de Fulcran avec l'évêque Matfred de Béziers. Il est chargé d'exécuter le « Testament » de 988. Il est nommé par Fulcran proviseur de l'abbaye Saint-Sauveur. La moitié des biens donnés à Saint-Genès lui est affecté. Il reçoit l'autorité sur les églises données par Fulcran. Il est désigné par Fulcran pour lui succéder. Le nom Matfred évoquerait un lien avec la famille des vicomtes de Narbonne. Enfin, Lunas à proximité duquel Fulcran possède quelques biens est sous le contrôle des vicomtes de Béziers.

  2. Les rapports avec l'abbé Etienne de Joncels feraient plutôt penser à un lien étroit avec la famille vicomtale de Nîmes. Il accompagne Fulcran en Auvergne. Il vend un manse (aux Rives) à Fulcran. On sait que Fulcran possédait divers biens en ce lieu. Il reçoit l'usufruit des biens donnés à Joncels. C'est lui qui écrit le « Testament » de 988. Enfin, Joncels est sous le contrôle de l' évêques de Nîmes, Frotaire, frère du vicomte Bernard.

  3. Indiscutablement, la situation de son château de Roquefeuil (Mont Saint-Guiral, Gard) fait émerger un lien avec les Trencavels de Nîmes (branche de Roquefeuil), les comtes de Rouergue (l'ancêtre Fulguald est originaire de Le Jaoul) et les vicomtes de Gévaudan (le cousin Bernard du « Testament » serait en fait Bernard de Nant).

  4. N'oublions pas enfin les circonstances de l'élection de Fulcran au siège épiscopal de Lodève, avec l'appui des vicomtes de Lodève, lesquels sont probablement de souche guilhelmide.

Deux groupes semblent se réunir en la personne de Fulcran :

  1. Les Toulouse-Rouergue et leurs alliés nîmois d'une part.

  2. Les Narbonne-Béziers et leurs alliés lodèvois d'autre part.

Fulcran semble donc être à la fois héritier de la Reichsaristokratie et de la noblesse locale. En sa personne, il cumule les deux positions qui lui donnent un rôle de plus en plus déterminant à côté ou indépendamment des vicomtes. A une époque où le sang détermine l'action politique, Fulcran ne peut agir qu'en fonction du groupe social auquel il appartient. Lointain héritier des pippinides, il ne peut qu'être favorable aux carolingiens et placer son épiscopat au-dessus des intérêts lignagers d'une noblesse locale en pleine mutation.

Sans doute imagine-t-il son rôle d'évêque comme celui d'un père protecteur des faibles au moment où ceux-ci sont victimes de la nouvelle lutte sociale représentée par la révolution féodale.

Documents:


Tableaux généalogiques

Vicomtes de Nîmes et les Trencavel

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C'est une famille épiscopale, aux origines géographiques proche des comtes de Rouergue et du domaine des Roquefeuil qui leur sont apparentés. La relation du Plaid tenu à Nîmes en 972 indique bien que Siguin et Bernard sont les neveux de l'évêque Bernard. L'abbaye de Joncels, chère à Fulcran, est dans la mouvance des évêques de Nîmes.

Comtes de Toulouse

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Le comte Frédolon, fils de Fulguald, est originaire des confins de Nîmes et du Rouergue. Les biens de la comtesse Bertheiz (épouse de Raimond Ier) jouxtent ceux hérités par Fulcran sur le Larzac et la région de Brusque et de Camarès (Testaments de Bertheiz 883 et Fulcran 988). Fulcran aura de nombreux rapports avec Garsinde de Narbonne (veuve de Raimond-Pons), Adélaïde d'Anjou et Guillaume Taillefer (Nîmes-Gaillac 972 et Psalmodi 1004).

Comtes de Rouergue

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Dans son testament de 961, Raimond de Rouergue donne l'alleu d'Aulas (près de Roquefeuil) à Bernard de Nant (cousin de Fulcran). Le Vicomte de Lodève dépend du comte de Rouergue. Comme les comtes de Toulouse, les comtes de Rouergue sont des descendants de Fulguald, Missus en Rouergue en 814. Fulcran aura de nombreux rapports avec Raimond III et ses frères (Nîmes 972, Psalmodi 1004).

Vicomtes de Gevaudan

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On retrouve dans cette lignée un indice anthroponymique fort : le nom FULGUALD (Fulk=peuple / wald=gouverner), il a donné : Fulcoal – Fulkrad (Rad=conseil) – Fulrad, Foulcho, Folcraninus, Folcrade, Folcrandus, Fulcramnus .... Foucaud, Foulque, Fulbert, Foucra, Foucran, Fulcran...... L'onomastique suggère une liaison : Folcrade=Fulcran; Udda=Udalgarde=Blitgarde (Hard=dur/fort).

Descendants de Blitgarde

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D'après Claudie-Duhamel Amado.

Vicomtes de Lodève

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On retrouve une proximité entre les vicomtes de Lodève et Fulcran, lors de son élection à l'épiscopat (ils approuvent, voire suggèrent sa nomination), lors d'un échange (en 975) à Esclatian près de Béziers, lieu où les vicomtes de Lodève ont aussi des biens. ils ont aussi des propriétés contigues près de Clermont, notamment à Rougas, et dans la région de Lunas (Caunas, le Ginestet).

Francis Moreau

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Bibliographie :


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