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Francis Moreau

Présentation de travaux de recherches historiques et généalogiques

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Les seigneurs et seigneuries en lodévois

 

Seigneuries

La seigneurie est un ensemble de terres, de droits, mais aussi de devoirs tenu par un Seigneur. C'est également une méthode de gestion d'un vaste territoire qui repose sur la multiplication des pouvoirs locaux, pouvoirs cimentés entre-eux et remontant à la façon d'une pyramide vers le Roi, au moyen du SERMENT. Le Serment de Fidélité est le ciment de l'édifice social. Il est un engagement d'homme à homme. Ce Serment, juré à genoux et les mains jointes dans les mains du suzerain qu'est l'évêque de Lodève, est un acte de donation (du château) suivi d'une restitution en échange d'un don qui consiste généralement en aide et conseil.

Sous les rois carolingiens (751-987) la seigneurie est essentiellement l'expression de la PUISSANCE PUBLIQUE. C'est un mode de gouvernance qui repose sur la délégation. Le Prince, le Seigneur (Dominus), est l'auxiliaire du Roi, chargé de l'administration d'un territoire relativement vaste, analogue à nos régions et à nos départements, appelé comté ou vicomté, selon qu'il est administré par un Comte ou un Vicomte.

Passé l'an Mil, le Pouvoir (Potestas, Dominatio) est entre des mains beaucoup plus nombreuses et le territoire où il s'exerce s'est considérablement rétréci. Une telle fragmentation est l'aboutissement d'un lent processus d'adaptation des structures politiques à la DIFFICULTE DE COMMANDER DE LOIN d'une manière efficace. Ce mouvement est concomitant avec le phénomène d'enchâtellement (incastellemento) ou d'encellulement des populations rurales à l'intérieur de bourgs fortifiés (les castra), villages perchés autour d'une tour ou d'une maison-forte, laquelle assurait la domination, mais aussi la protection des villageois. A Lodève, alors qu'au temps de Fulcran il ne se trouvait qu'un ou deux « seigneurs », les Vicomtes, au XIe siècle on ne compte pas moins de 17 seigneurs.

En échange de la protection et de la sécurité qu'il procure aux habitants, le Seigneur exige d'être aidé dans l'exercice de sa fonction, par le moyen de DROITS qu'il exerce sur la population.

Pour l'essentiel ce sont des Droits :

Sans doute faut-il éviter de concevoir la seigneurie en terme d'oppression uniquement. La seigneurie dispensait aussi aux sujets, en retour de leurs contributions, des avantages et bénéfices identiques à ceux que nous attendons de nos jours d'un Etat moderne, la sécurité notamment.

La JUSTICE est le principal droit des seigneurs. Leur juridiction se décomposait en Haute, Moyenne et Basse (mère, mixte et impère). Le seigneur Haut-justicier avait connaissance des homicides et était servi par un personnel spécialisé: Baile (Juge), Procureur, Greffier.

Parmi les autres Droits, signalons l'ALBERGUE ou Droit de gîte pour les cavaliers ou les agents de l'autorité publique en déplacement. Le Droit de FOURNAGE ou CUISANDE, chacun devant aller cuire son pain dans le four du seigneur, le FOUR BANAL, en général contre la trentième partie de pâte ou de pain. Droit de PEAGE sur les marchandises qui transitent sur le territoire du Seigneur. Droit de PULVERAGE, prélevé sur les troupeaux de bêtes à laine. Droit de CORVEE, jours de travail gratuit pour le seigneur (1 ou 2 jours de labour par an et par famille).

Territoire

La seigneurie du Moyen-Age avait épousé les contours géographiques de la « villa » romaine. Le grand domaine patricien avait été conçu comme un domaine « noble », affranchi de la tutelle de l'Etat, opposé en tous points à la propriété de concession considérée comme inférieure, roturière, taillable et corvéable. Les Rois francs avaient encouragé cette forme de propriété par l'octroi de « Bénéfices ». Bénéfice de la SOUVERAINETE, avec les émoluments qu'elle procurait, et bénéfice de la PROPRIETE EMINENTE sur le fond. La propriété NOBLE était l'héritière en esprit de l'orgueilleuse propriété Quiritaire romaine, celle qui avait fondé l'Etat. Les Sabins ou Quirites concevaient leur propriété comme supérieure à l'Etat et donné leur nom au droit civil des romains: Dominium ex jure quiritium. Les limites des juridictions seigneuriales coïncident le plus souvent avec celles des communautés d'habitants qui sont les ancêtres de nos communes actuelles. Cependant, certaines ne coïncident ni avec celles des communautés, ni même avec celles des paroisses. Les découpages sont souvent le fruit de tractations laborieuses et d'équilibres subtils. Certaines seigneuries sont minuscules ou ne sont que des métairies nobles parfois inhabitées. Mais elles s'inscrivent toutes à l'intérieur de la grande seigneurie épiscopale qu'est le diocèse civil de Lodève, qui semble correspondre assez exactement au territoire de la CIVITAS LUTEVENSIS de l'époque romaine. Il englobe le canton du Caylar en entier (8 communes), le canton de Lodève (16 communes), le canton de Clermont l'Hérault sauf sa partie méridionale (12 communes), le canton de Lunas en partie (5 communes), 8 communes du canton de Gignac situées sur la rive droite de l'Hérault, et Saint-Guilhem-le-Désert, canton d'Aniane, située également sur la rive droite de l'Hérault.

Noblesse

La noblesse est une élite composée d'hommes qui partagent avec le Roi l'exercice du Pouvoir Souverain (on les nomme Princes, Seigneur, sire = Princeps, Dominus, Senior). A l'origine, cette aristocratie est composée d'un petit nombre de familles, riches en terre et détentrices d'emplois publics, souvent liées à la famille carolingienne par des liens de parenté. C'est pour cette raison que l'on peut dire que les lignées nobles descendent des rois et que le Roi est le PERE DE LA NOBLESSE.

Cette noblesse, à la fois guerrière et administrative, a été installée chez nous par Charlemagne (768-814) et son fils Louis le Débonnaire (814-840). Ce sont des Francs d'Austrasie qui se sont alliés avec la noblesse locale d'origine wisigothique ou gallo-romaine. Les premiers évêques de Lodève sont gallo-romains : Maternus (506) Deuterius (535) Agrippinus (589) Léontianus (610) Anatolius (633). Leurs successeurs sont wisigoths : Ansemond (683) Sisemond (817) Tatila (844). Les Comtes de Maguelone sont wisigoths. Un membre de leur famille, Witiza, plus connu sous le nom de Benoît, fonda l'abbaye d'Aniane en 782 et devînt l'un des principaux conseillers de Louis le Débonnaire. Cette alliance entre noblesses d'origines diverses est un des éléments caractéristiques des familles méridionales.

Peu à peu et au moyen d'un long processus d'adaptation des structures politiques, le cercle de cette haute aristocratie s'élargit et aboutit en fin de compte à l'élargissement du cercle nobiliaire et à la fragmentation du pouvoir. C'est ce qu'on appelle la FEODALITE.

C'est le temps (XIème-XIIème) où les seigneurs des châteaux vont ouvrir leurs rangs aux « Miles » ou « Milites », c'est-à-dire aux chevaliers, dont la présence est indispensable pour la garde des châteaux dont ils sont en quelque sorte collectivement possesseurs.

Les CHEVALIERS, à l'origine simples combattants à cheval au service d'un seigneur, deviennent à partir du XIIIe siècle les archétypes de la Noblesse. Avec la cérémonie de l'adoubement, l'église en fît les Chevaliers du Christ et les protecteurs du peuple. Les règles de la morale chevaleresque sont rigoureuses. Elles sont ainsi énumérées dans la Chanson de Guillaume d' Orange : (Charlemagne s'adresse à son fils Louis) « ... point d'injustice, point de luxure, point de traîtrise; ne vole pas son fief à l'orphelin ni ses quatre deniers à la veuve. Car, lorsque Dieu créa les rois, ce fut pour assurer le bonheur du peuple et non pour lui donner l'exemple du péché. Il faut, mon fils, être tout humble avec les humbles: tu leur dois aide et conseil pour l'amour de Dieu. Mais il faut être tout orgueil avec les orgueilleux, pour mettre sous tes pieds leur fierté. »

Cette noblesse chevaleresque, très implantée localement, se voyait parfois proposer des postes très importants au service du Roi. Ainsi, GUILLAUME III DE LODEVE, seigneur de Fontès et de Soubès, est-il nommé Amiral par Philippe III Le Hardi, lors de son expédition contre l'Aragon en 1285. Cette expédition, organisée après le massacre des français en Sicile, connu sous le nom de Vêpres Siciliennes (1282), fût menée simultanément par voie de terre et de mer. Il s'agissait de conquérir l'Aragon de Pierre III pour le donner à Charles de Valois (second fils de Philippe III). Guillaume de Lodève, à la tête d'une flotte de 150 galères parvint à s'emparer du port de Rosas. Mais il ne pût s'y maintenir très longtemps et fût même fait prisonnier par Roger de Loria. L'expédition terrestre ne réussit pas mieux, et, victime du paludisme, Philippe III mourut à Perpignan le 5 octobre 1285. Plus tard, sous Louis XIII, un PONS DE LAUZIERES-THEMINES (1553-1627) gagne son bâton de maréchal en 1616, en arrêtant le Prince de Condé alors compromis dans une conspiration contre la Reine-mère et Concini. En 1619, l'un de ses fils tue Henri de Richelieu au cours d'un duel (c'était le frère aîné du Cardinal). En 1620 encore, il prend le parti de la Reine-mère contre Louis XIII et le gouvernement de Luynes. Gouverneur du Quercy puis de Bretagne, il sera même un temps vice-roi du Canada.

Cette noblesse d'origine chevaleresque va décliner sensiblement au cours des siècles et devoir presque partout céder la place (XVe-XVIe) à une noblesse marchande et épiscopale fortunée qui va rapidement acquérir titres et seigneuries.

C'est le cas des LA TREILHE, originaires de Caylus en Quercy où leur ancêtre était notaire, arrivés à Lodève dans les bagages de l'évêque Pierre de La Treilhe (1430-1441). Ils font fortune dans le négoce, unissent leurs filles avec des bourgeois de Lodève et acquièrent seigneuries après seigneuries. Ils achètent Fozières en 1463. Durant la Ligue, Jacques de la Treilhe est nommé Gouverneur de Lodève par le Duc de Montmorency, opposé à l'évêque Christophe de Lestang (1580-1605) alors du parti Ligueur.

C'est aussi le cas des FLEURY, qui de simples receveurs des tailles deviennent seigneurs de Dio et Valquières. On connaît la destinée du plus illustre d'entre-eux, HERCULE DE FLEURY (1653-1743), engagé dans les Ordres, évêque de Fréjus, Cardinal et Premier Ministre de Louis XV pendant 17 ans (1726-1743).

Le XVIIIe siècle enfin, sera le temps des riches marchands de draps, des financiers et des grands commis de l'Etat en poste à Montpellier, qui vont mettre la main sur la plupart des seigneuries et grâce aux Lettres Patentes octroyées par le Roi, se parer de titres ronflants :

Châteaux

Aux temps carolingiens, les châteaux sont peu nombreux. Ce sont des forteresses publiques non habitées en dehors des périodes troublées. Les Princes, Comtes, Vicomtes et Evêques logent au sein des cités dans des maisons particulières.

Les Vicomtes de Lodève possèdent les châteaux de Popian, Cabrières, Les Deux-Vierges et Montpeyroux. Le château de Lunas est la propriété des Vicomtes de Béziers.

Avec Fulcran (988) vont apparaître les premiers châteaux épiscopaux: Soubès, Fozières, Gibret, Aubaygues.

Fulcran est un réformateur. Il agit dans le cadre d'une Eglise suffisamment dynamique pour pouvoir revendiquer une plus grande indépendance vis à vis des Vicomtes.

A partir du XIIe siècle, les châteaux vont se multiplier : Léras, Lauzières, Le Bosc, Lodève (1145); Parlatges (1157); Les Plans, Olmet, Saint-Félix-de-Lodez, Saint-Jean-de-Fos, Villecun, Lavalette, Nizas, Caux, Montbrun (1162), Clermont (1160), Pégairolles (1188).

Ces châteaux sont presque tous sous la suzeraineté de l'évêque. Mais les seigneurs châtelains, bien que liés à leur évêque par un serment de fidélité, laissent souvent libre cours à leurs ambitions ou à leur avidité. Le château (castrum/castellum) devient alors le centre d'action de la violence seigneuriale. Violence contre l'église ou contre les paysans encore libres, on pense à l'épisode du château de Gibret dans la Vie de Saint-Fulcran, ou à l'histoire édifiante de Pons de Léras, seigneur brigand qui devient moine. Confusion entre Domaine public et Domaine privé, violence militaire et enchâtellement, asservissement de la paysannerie, ainsi va se mettre en place le nouvel ordre féodal. La multiplication de ces châteaux habités en permanence en fait les centres du nouvel espace social constitué par la seigneurie.

Évêque suzerain

Jusqu'en 1188, la suzeraineté sur Lodève et son diocèse est entre les mains successives des Vicomtes de Lodève, puis des Comtes de Rouergue et enfin des Comtes de Rodez, tous de même lignée.

C'est par un long processus de grignotement que les évêques finissent par acquérir la suzeraineté effective sur la plus grande partie de leur diocèse. Grignotement dont les dernières étapes ont été le rachat des Droits féodaux du Comte de Rodez, Hugues II, par l'évêque Raymond Guilhem, et l'éviction définitive du Comte de Toulouse, Raimond VII, après le Traité de Meaux du 12 avril 1229 (Traité de pénitence et de réconciliation après les guerres albigeoises, mais qui sonne le glas du comté indépendant de Toulouse). Cette montée en puissance du pouvoir des évêques souleva bien des résistances, notamment celle des seigneurs de Clermont. Mais une autre souveraineté surplombait celle des évêques, une souveraineté qui s'affirmait au même moment qu'elle, celle du Roi. En 1255, l'évêque Guilhem de Caselles se plaignait de voir « le sénéchal, le baile, les viguiers, les juges et autres officiers de cour du seigneur Roi lancer des citations, enquêter sur les crimes et les condamner, lever par force et l'intimidation des taxes illicites, requérir des chevauchées » dans les Domaines ecclésiastiques. Le Pouvoir dominant des évêques est largement tempéré par l'affirmation du pouvoir royal.

Il reste que la cérémonie du serment rendu à l'évêque est parfois haute en couleur. Voici comment Hyppolite de Barrau raconte la scène : « Les seigneurs de Montpaon en faisant hommage à l'évêque de Lodève pour le château de La Bastide-des-Fonts lui remettaient les clefs et sortaient de la place avec leur famille. L'évêque entrait aussitôt dans le manoir, y faisait arborer sa bannière et crier à haute voix par un hérault : Lodève ! Lodève ! Pour l'évêque de Lodève ! Saint Geniez ! Saint Geniez ! Après quoi il rendait les clefs au baron qui reprenait possession de son château. »

Coseigneuries

Les châteaux et les seigneuries du diocèse sont toujours tenus entre plusieurs coseigneurs qui peuvent être parfois jusqu'à plus d'une vingtaine. La raison originelle en est l'application du Droit successoral wisigothique en usage dans le midi qui stipule l'égalité entre les enfants d'un couple. D'où l' installation rapide d'une indivision généralisée et l'éclatement du pouvoir sur le castrum. Chaque coseigneur avait un tour de garde, de quelques jours à plusieurs semaines, à effectuer dans le château ou dans la tour, pour le compte de l'évêque.

Fin

C'est dans la nuit du 4 au 5 août 1789 que les députés votèrent la fin des privilèges et des droits féodaux, afin d'y substituer définitivement l' Autorité du pouvoir central, encore royal, et bientôt jacobin. Mais les Décrets n'ont été promulgués que le 11 août. L'article Premier commence ainsi : « L' Assemblée Nationale détruit entièrement le régime féodal ... » Une autre page de notre histoire s'ouvre tandis qu'une autre se referme. L'évêché de Lodève sera bientôt supprimé (12 juillet 1790) et la plupart des anciens seigneurs se conformeront volontiers à une vie plus bourgeoise tout en regrettant peut-être les temps anciens où ils avaient droit exclusif de chasse, garennes ouvertes, fuies et colombiers...

Seigneuries ecclésiastiques

L'évêque de Lodève. Il reçoit l'Hommage de tous les nobles de son diocèse possesseurs de fiefs. Il est en outre seigneur particulier de Lodève, du Caylar, des Rives, de Pégairolles, Saint-Michel, Le Cros, la Vacquerie (sud-Est), Saint-Privat, Saint-Etienne-de-Gourgas, Saint-Jean-de-la-Blaquière, Saint-André de Sangonis, Saint-Saturnin, Usclas-du-Bosc, Lauroux, Nizas, Pégairolles-de-Buèges, Saint-André-de-Buèges, La Bastide -des- Fons, Brenas et Campillergues. Il est aussi coseigneur de Salasc, Soubès, Arboras et Saint-Pierre-de-la-Fage. Nombre de ces seigneuries seront inféodées à des laïcs pendant les guerres de religions, l'argent ainsi récolté servant à payer les troupes et entretenir les murailles de la ville.

Le Chapitre cathédral est seigneur des Plans, Olmet, Saint-Félix-de-l'Héras, Soumont, Villecun, Arièges, La Canourgue, La Roque, le Mas de Rouquet et Poujols (en partie).

Le Père Abbé de Saint-Sauveur est seigneur de Saint-Martin des Combes. Des bodules ont été retrouvées qui délimitent les terroirs de Saint-Martin (la crosse abbatiale) des terroirs de Lunas (la lune) et de Lauzières (l'yeuse).

Le Prieur conventel de Saint-Michel-de-Grandmont est seigneur des terres désertes entourant son prieuré.

Le Commandeur des Hospitaliers (au siège de Béziers) est seigneur de la Tour du Puech Augé à Nébian et du château de Liausson.

L'Abbesse de Nonenque (Aveyron) rend hommage en foi et dépendance pour les églises de Cornils et de Rougas.

L'Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert possède les juridictions de Saint-Guilhem, Saint-Jean-de-Fos, le Coulet, le Mas de Gay, la Vacquerie (Nord-Est), Saint-Martin-de-Castries et Cambous.

Familles seigneuriales

Noblesse carolingienne

Les Vicomtes de Lodève. Branche guilhemide rattachée au duc de Toulouse par les comtes d'Angoulême. Ils se sont ramifiés dans les vicomtes de Millau puis les comtes de Rodez et la famille des Deux-Vierges.

Les Anciens Vicomtes de Nîmes. Famille apparentée au père de saint Fulcran. Ils ont formé les branches d'Anduze (puis de Madières), de Roquefeuil (988) et de Sauve.

Noblesse Féodale (XIe-XIIIe)

Fozières 1038, Ginestous 1181, Clermont 1130 (issue des Deux-Vierges), Icher de la Bastide 1127, Icher del Pont, Lauzières 1120, d'Estrées (par alliance avec Lauzières), Lodève 1106, Madières d'Aubaigues 1101, Matfred 1242 (seigneurs de Parlatges et de Villecun, ils sont à l'origine d'une tradition qui fait naître l'évêque de Béziers Matfred 986-1110 à Villecun), Montbrun 1153, Mandagot 1326, Du Puech d'Aubaigues 1197, Rocozels 1157, Soubès 1090, Virgile 1108, Vissec 1077, Vedel 1241, Fozillon 1241, du Châtel 1243, d'Aurillac 1284, La Roquette, Malavieille 1098, d'Aubaygues 1051, Deux-Vierges 1030, Montpeyroux 1077, Parlatges 1077, de Nébian 1031, Roquefeuil 1032, Alzaran 1146 (seigneurs de Pégairolles, famille proche de Pons de Léras et principaux bientaiteurs de l'abbaye de Sylvanès), Barrassac 1282, de Faugères 1201, Montdardier 1077, Raimond de Montpeyroux 1161, Mourèze 1209, du Puech d'Aubaïgues 1197, Saint-Julien du Puech 1392, Saint-Maurice 1217, Saint-Privat 1242, d'Usclas 1077, Vailhauquès 1161.

Noblesse Marchande (XVe-XVIe)

d'Albesquier 1562, d'Albignac 1658, d'Arnail 1551, d'Assié, d'Azémar 1567, Barbeyrac, Beaumevieille d'Ambur, Bedos de Celles 1396, Bellechère 1562, Benoist de la Prunarède 1661, de Bernard 1577, de Caladon, de Carcassonne 1400, Dax de La Serpent 1457 (héritiers du Puech d'Aubaïgues), de Bocaud 1608 (héritiers de Dax de La Serpent), de Saint-Julien 1643 (acquierent la seigneurie du Puech de Philippe de Bocaud), Dupuy-Montbrun 1739, de Fabre 1583, de Fleury 1639, de Fos 1577, Fourès 1530, Gaucelin 1552, Grégoire des Gardies 1617, de Guilleminet 1611 (Robert de G. archidiacre, vicaire général du diocèse, aumônier ordinaire du Roi et seigneur d'Usclas), de Julien 1577, de Lavalette 1547, de Lestang 1580, de Lucie 1561, Maffen 1449, Montesquiou de Sadirac 1599, Peyrottes de Soubès 1507, de Philippi, Gros de Cisterne 1738, de Romieu d'Usclas 1617 (à l'origine de la légende des romieux (pèlerins) de Compostelle à Usclas), Rosset 1400, La Treilhe 1463.

Noblesse financière (XVIIe-XVIIIe)

Arnal 1719, Barbeyrac de Saint-Maurice 1719, Belliol 1766, Beringhen 1747, Bonnal 1726, Castanié 1719, Combettes de la Fajolle 1781, Desalasc 1757, Duclaux 1728, de Fonbon 1728, Dejean 1789, Duclaux 1728, Girard 1700, de Granouillet 1723, de Jougla de Lauzières1650, Lasserre de Fondouce 1730, Malet 1681, de Martin 1750, de Mazeran 1718, de Montagut 1647, de Neyrac 1789, Pascal de Saint-Félix 1600, de Ratte 1636, Sairas 1702, Salles 1701, de Saptes 1541, du Soliers 1562.

Francis Moreau

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Bibliographie :


A.-D. De l'Hérault : Cartulaire de Lodève, G 1050.
E. Appolis : Le diocèse civil de Lodève, Imp. Coop. Du Sud-Ouest, Albi 1951.
H. de Barrau : Documents Historiques et Généalogiques du Rouergue, Rodez 1853.
P. Clerc : Dictionnaire de Biographies Héraultaises, Ed. Pierre Clerc, Montpellier 2006.
G. Duby : La société chevaleresque, Flammarion 1988.
G. Duby : Le Moyen Age, Hachette 1987.
H. Débax : La Féodalité Languedocienne, Toulouse Le Mirail 2003.
C. Duhamel-Amado : Genèse des lignages méridionaux, CNRS Toulouse 2007.
L. Laroque : Armorial de la Noblesse du Languedoc, tomes 1 et 2, édition Félix Séguin, Paris 1860.
J. Mercadier : Un diocèse Languedocien Lodève Saint-Fulcran, Maury, Millau 1975.
P. Tuffrau : La Légende de Guillaume d'Orange, H. Piazza, Paris 1965.
H. Vidal : Un évêque de l'an Mil, Saint Fulcran évêque de Lodève, S.A.Montpellier 1999.