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Francis Moreau

Présentation de travaux de recherches historiques et généalogiques

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Le Diocèse Wisigoth de Lodève (475-725)

 

A l'avènement de Clovis (481) la Francia était le territoire des premiers Francs installés en Gaule. Ce territoire, devenu royaume, se déplacera, s'agrandira et s'amenuisera tour à tour. Six royaumes se partageaient alors la Gaule : les Francs (Nord et Belgique); les Alamans (entre Vosges et Rhin); les Burgondes (vallées du Rhône et de la Saône); les Armoricains (Bretagne); les Gallo-Romains (vallées de l'Oise et de la Marne); enfin les Wisigoths (du Sud de la Loire aux Pyrénées). Ces derniers occupaient également l'entière péninsule ibérique, avec Toulouse comme capitale puis Tolède. Après la bataille de Vouillé (507) gagnée par les Francs de Clovis, les Wisigoths se replièrent sur l'Espagne, ne gardant que la Septimanie au Nord des Pyrénées.

Royaume Wisigoth jusqu'au VIe siècle
Javierfv12 via Wikipédia, carte du royaume Wisigoth jusqu'au VIe siècle

Le territoire de la Septimanie couvre l'ancienne province romaine de la Narbonnaise première Narbonensis Prima, qui correspond à peu de chose près à notre actuel Languedoc-Roussillon. Les départements modernes des Pyrénées Orientales, de l'Aude et de l'Hérault se trouvaient entièrement inclus dans cet ensemble territorial.

Beaucoup d'obscurité enveloppe la fondation des plus anciens diocèses de l'Hérault (Béziers, Lodève, Agde). Aussi, le processus de christianisation de la cité Luteva nous est encore largement inconnu. Le diocèse semble avoir été constitué, comme le révèle l'affaire Patrocle en 422, dans un contexte de conflits de pouvoir et d'influence entre les métropoles d'Arles et de Narbonne. Il est possible d'avancer l'hypothèse d'une fondation au fil du temps, à la fin du IVe ou au début du Ve siècle, par l'installation d'un évêque dans un certain nombre de cités. Un peu plus tard, le diocèse-cité de Lodève possédait une limite commune avec celui de Carcassonne, limite difficile à atteindre par la suite, le diocèse de Béziers, puis celui de Saint-Pons, y faisant obstacle. Ce territoire, formait donc un couloir entre le fleuve Hérault à l'Est et les versants méridionaux des Monts d'Espinouse à l'Ouest, englobant les trois vallées de la Lergue, de l'Orb et du Jaur. Mais, malgré son apparence, ce territoire n'était pas factice. Il correspondait au territoire des Ruteni Provinciales qui jouxtait au Sud le pays de Narbonne et au Nord les Rutènes de la Gaule Chevelue [1] .

La Divisio Wambæ

La Divisio Wambæ, ou Provincial wisigothique, est un texte rédigé sous l'autorité du roi wisigoth Wamba (672-680), durant un concile tenu à Tolède, afin de fixer les limites des diocèses placés sous sa domination. Comme l'a bien montré David Gazel [2] , ce texte, bien que remanié à la fin du XIe siècle par l'évêque d'Oviedo, semble être authentique. En tout cas, la liste des diocèses mentionnés respecte la situation politique de l'époque de Wamba (ni Toulouse, ni Uzès ne sont nommés; or ils sont suffragants de Narbonne excepté de 507 à 759) et pourrait même remonter à une époque antérieure.

La Divisio donne quatre limites au diocèse de Lodève : Lotoba hæc teneat de Sambia usque Ripaval, de Anges usque Montem Rufum. Pour David Gazel le découpage contenu dans la Divisio s'appuie sur des voies de communication. Ses recherches l'ont conduit à l'identification probable d'au moins trois des points-limites concernant le diocèse de Lodève : Sambia, peut-être La Sauvie, limite avec le diocèse de Nîmes; Anges avec Le Puech Augé, limite avec le diocèse de Béziers; Montem Rufum avec La Fongassière, limite avec le diocèse de Carcassonne. Le diocèse de Lodève se prolongeait donc initialement à l'Ouest jusqu'à la Montagne Noire.

Après les invasions arabes et la conquête franque, le diocèse de Lodève s'est probablement trouvé dans une situation de déshérence plus longtemps que ses voisins. L' Archevêque de Narbonne est à Rome en 769. Tous les évêques de Septimanie (sauf Lodève) sont présents en 788/791 au concile de Narbonne [3]. Le premier évêque de Lodève à apparaître, après Ansemond en 683, est Sisemond en 817 [4]. Il semble bien que cette situation fut préjudiciable pour Lodève lors du concile de Narbonne qui réorganisa les territoires de Narbonne et de Béziers au détriment de celui de Lodève dont l'évêque est le seul absent de la province. On peut dater de cette époque le repli de la frontière Ouest du diocèse sur l'itinéraire qui court sur la crête de l'Escandorgue. Pour David Gazel, le fait que cette limite suive un itinéraire ancien n'est qu'à moitié surprenant. A l'image d'autres diocèses-cités, celui de Lodève a dû lui aussi être constitué de différents pagi : pagus Lutevensis, pagus de Lunas, pagus de Thomières (les deux derniers nommés par défaut). Ce n'est donc pas une simple portion de territoire qui fut retirée à Lodève, mais deux pagi. Les limites de ces pagi, comme celles des diocèses-cités, étaient alors déterminés par un réseau d'itinéraires [5] .

La Narbonnaise occidentale
David Gazel, Géographie de la Narbonnaise occidentale au VIIe siècle in Bulletin de la Société d’Études Scientifiques de l’Aude, Tome CXVII, 2017

Les évêques et leur action

N., avant 422.

N., en 422.

Ces deux évêques, dont les noms nous sont inconnus, sont mentionnés dans une lettre du pape Boniface Ier (418-422). Celui-ci demande à l'archevêque de Narbonne, Hilaire, de procéder à une enquête sur la nomination d'un évêque de Lodève par l'archevêque d'Arles Patrocle, à la suite de la mort de l'évêque précédent (422). En 417, Patrocle avait obtenu du pape Zosime (417-418), le droit de primatie sur la Narbonnaise, en dépit d'une décision du pape Innocent Ier en faveur de Narbonne. Ce droit, préjudiciable pour le métropolitain de Narbonne, avait été aboli par Boniface en 418. La dédicace de la cathédrale de Lodève au martyr d'Arles saint Genès semble indiquer cependant l'origine arlésienne de l'érection du siège de Lodève [6] .

Maternus en 506.

Cet évêque est présent au concile qui s’est tenu en l'église Saint-André de la ville d’Agde en 506, durant le règne d'Alaric II qui, de religion arienne, autorisa la réunion de cette assemblée catholique. Il réunissait vingt quatre évêques catholiques du royaume wisigothique, plus dix délégués de prélats. L'archevêque d'Arles, Césaire, en avait préparé les travaux et suggéré les décisions. Le but du concile était de régler dans le royaume wisigothique le statut disciplinaire et temporel de l'Église orthodoxe. La suscription de l'évêque de Lodève est ainsi rédigée : Maternus in Christi nomine episcopus Lutevensis [7] .

Deux années après ce concile, la cité de Lodève dut faire face à l'invasion franque conduite par Thierry, le fils de Clovis, et Gondebaud, roi des Burgondes (508). Les Wisigoths reprirent la ville l'année suivante, mais la situation était loin d'être stabilisée lors du concile d'Orléans de 511, où aucun évêque de Septimanie ne parut. En 533, c'est le franc Théodebert, fils de Thierry, qui de Rodez entra dans le diocèse de Lodève, s'empara des châteaux de Dio et Cabrières avant de pénétrer dans la ville de Lodève [8] .

Deuterius en 535.

Deuterius participe au concile qui s'est déroulé à partir du 8 novembre 535 dans la ville auvergnate d'Arvernis (Concilium Arvernense), qui prendra au IXe siècle le nom de Clermont et qu'on appelle aujourd'hui Clermont-Ferrand. Cette participation signifie que le diocèse de Lodève est alors détaché de la Septimanie wisigothique et intégré dans le royaume des Francs. Le concile est d'ailleurs convoqué par le nouveau roi Théodebert. Il n'est pas anodin de constater que Deuterius est probablement en lien de parenté avec une certaine Deoteria qui livra le château de Cabrieres à Théodebert, avant de l'épouser [9] . Le second canon de ce premier concile de Clermont rappelle que la dignité épiscopale doit être accordée en fonction des mérites et non à la suite d'intrigues. Un idéal est à atteindre : l'indépendance totale du domaine politique dans le choix des évêques. L'évêque sera librement élu par le clergé et le peuple, avec le consentement du métropolitain. Le concile de Clermont interdit aux juifs de partager des repas avec des chrétiens ou de faire des mariages mixtes. Il proscrit également la célébration du sabbat, le but étant de limiter l'influence du judaïsme sur la population.

La succession de Théodebald (555), fils de Théodebert, revint à Childebert, ensuite à Clotaire, de nouveau seul roi des Francs (558). Lodève fut comprise dans la part de Sigebert (535-575), roi de Metz. Mais à la faveur des querelles sanglantes entre la Neustrie et l'Austrasie, les Wisigoths revinrent rétablir leur domination dans la contrée (572 ou 585) [10] .

Agrippinus en 589.

Agrippinus est présent au troisième concile qui s'est tenu à Tolède, dans le royaume wisigoth d'Espagne, en mai 589. Il marque l'entrée du catholicisme dans l'Espagne wisigothique et l'introduction du Filioque dans la chrétienté occidentale [11] . Le concile organisé par l'évêque Léandre de Séville fut le théâtre de la conversion au catholicisme du roi Récarède Ier.

La même année, l'évêque de Lodève participe également au concile de Narbonne : Agrippinus, de civitate Loteva in Christi nomine episcopus, in has constitutiones interfui et subscripsi. [12] Convoqué par le roi Récarède le concile de Narbonne se déroule au mois novembre 589. Ce concile tenta d'éradiquer le paganisme persistant et défendit de fêter le jeudi comme étant un jour dédié à Jupiter. Par un de ses canons, outre la peine d'excommunication, on décerna une amende de six sous d'or contre tous ceux qui oseraient consulter chez eux les devins et les sorciers.

Leontianus en 610.

Cet évêque suscrivit au décret du roi Gundomar attribuant à l'évêque de Tolède la suprématie sur les évêques de la Carthaginoise.

Anatolius en 633 et 638.

Le nom de cet évêque est fourni par les actes du quatrième Concile de Tolède qui s'est tenu en 633. Soixante-quinze canons sont dressés. Le concile réglemente de nombreuses questions concernant la discipline ecclésiastique. Il décrète l'uniformité de la liturgie dans tout le royaume wisigothique. Il interdit aussi la conversion forcée des juifs, tout en obligeant ceux qui ont été baptisés contre leur gré de demeurer chrétiens.

Il décrète également l'obligation pour les évêques de fonder des séminaires dans leurs évêchés, à l'instar de l'école fondée par Isidore de Séville. Ces séminaires devaient encourager l'étude du grec et de l'hébreu, le droit, la médecine et les arts libéraux.

Anatolius participe également au sixième concile de Tolède. Ce concile a été convoqué par le roi Chinthila afin de réaffirmer son autorité. Il débute le 9 juin 638. En qualité de plus ancien métropolitain, l'évêque de Narbonne, Selva préside le concile. Le principal but du concile est de réaffirmer les décrets établis lors du Ve concile de Tolède de 636 et de rétablir la paix à l'intérieur du royaume.

Firminus, en 653.

L'évêque Firminus participe à l'assemblée préparatoire de Narbonne où se fit la députation au huitième concile de Tolède. Le roi Chindaswinthe fit parvenir aux évêques un ordre du jour précisant les points qu'il désirait voir traiter. Treize canons sont promulgués. Ils concernent la discipline ecclésiastique, le gouvernement et les affaires de l'État. Un des canons stipule que l'élection du roi doit être libre, et effectuée par les évêques et les grands du royaume.

Ansemund, en 683.

C'est son délégué, Gisibertus, qui participe au treizième concile de Tolède en 683 [13] . A cette occasion, Le roi Ervige demande le pardon et la réhabilitation des rebelles qui furent contre le roi Wamba en 673. Les évêques consentent à rendre aux rebelles et à leurs descendants leurs possessions et leurs fonctions. Le pardon est également étendu à toutes les personnes dépossédées depuis le roi Chinthila qui régna de 636 à 640. Le roi Ervige désire qu'aucune vendetta ne vienne entraver son règne.

Le concile condamne également les aveux forcés, ce qui nécessite une justice sans torture. Il impose aussi une peine de prison maximale.

Enfin, le Concile réitère l'interdiction, maintes fois proclamée, de nuire à la famille royale après la mort du monarque.

L'invasion Arabe 725-745

En 716, sous la pression des musulmans venant du sud, le royaume des Wisigoths est rapidement réduit à la seule province de Septimanie. En 717, les Omeyyades d'al-Hurr ibn Abd al-Rahman al-Thaqafi commencent à traverser les Pyrénées orientales en territoire aquitain et en Septimanie dans la suite de leur conquête ibérique.

Conduite par al-Samh (le "Zama" des chroniques chrétiennes), les forces arabo-berbères s'emparent de Barcelone et mettent le siège devant Narbonne (Arbouna pour les Arabes) en 719. À partir de 720, Narbonne est devenue la capitale de la Septimanie musulmane, et est utilisée comme base pour les razzias. Une mosquée est établie à Narbonne à l'intérieur de l'église de Saint-Rustique.

Cependant, la marée omeyyade est temporairement interrompue lors de la bataille de Toulouse, alors que l'Émir al-Samh est tué par Eudes d'Aquitaine (721). La Septimanie gothique se rend pourtant aux mains des Musulmans dans des conditions favorables, permettant aux Omeyyades de contrôler la région avec le soutien conditionnel de la population locale et de la noblesse gothique.

En 725, Anbasa ibn Suhaym Al-Kalbi assiège la ville de Carcassonne, qui doit capituler, rendre hommage et faire une alliance offensive et défensive avec les forces musulmanes. Nîmes et toutes les autres villes septimaniennes tombent sous l'emprise des Omeyyades. La ville de Lodève, aux mains d'Hodeyva, lieutenant du Gouverneur d'Espagne, est en partie privée de son clergé et sans doute de son évêque.

Après la bataille de Poitiers (732), remportée par Charles Martel contre l'émir Abd El-Rahman, les troupes musulmanes s'emparent d'Avignon et d'Arles (735), puis se tournent vers la Bourgogne. Deux années plus tard (737), Charles Martel s'empare d'Avignon et la réduit en ruines. Malgré la victoire de la Berre dans l'Aude, Charles Martel et son frère Childebrand, échouent à s'emparer de Narbonne. Aventuré trop loin de ses bases, Charles se décide à la retraite brûlant sur son passage plusieurs autres villes qui avaient collaboré avec les omeyyades : Béziers, Agde, Maguelone, Nîmes. Avant son retour vers le nord de la France, Charles réussit à écraser toute opposition en Septimanie et en Provence. En 752, le fils de Charles Martel, Pépin le Bref, nouvellement proclamé roi, mène une nouvelle campagne, avec l'appui des seigneurs wisigoths et contre le duc d'Aquitaine Waïfre. Pépin conquiert Nîmes et va soumettre une bonne partie de la Septimanie jusqu'aux portes de Narbonne. Il réussit à prendre cette ville en 759, après avoir juré de respecter la loi wisigothique. La chute de Narbonne marque la fin de la présence musulmane en Septimanie.

Les Carolingiens

La cité épiscopale sort très affaiblie de ces années tourmentées. Les désordres ont été tels que Lodève n'a pas retrouvé son rang civil. Contrairement à Béziers, Maguelone et Agde, elle paraît tout au long des VIIIe et IXe siècles dépourvue d'un siège comtal propre [14]. Il faudra attendre le règne de Charlemagne pour voir une restauration du siège épiscopal, ayant autorité sur un territoire réduit.

Dans la première moitié du IXe siècle, nous verrons les évêques Sisemond (817), Sylvain (824) et Tatila (844) entreprendre une modeste restauration du temporel de l'Église[15] . Nous leur devons sans doute la construction d'une nouvelle cathédrale, aujourd'hui crypte, en remplacement du groupe épiscopal primitif dédié à la Sainte-Croix. Il faudra attendre saint Fulcran (949-1006) pour que la ville atteigne un nouveau seuil de développement, marqué principalement par une restructuration du cœur de la cité, sans nouvelle expansion des limites diocésaines.

Chronologie

410 • Sac de Rome par Alaric ; fondation d’un royaume dont Toulouse est la capitale

507 • Bataille de Vouillé, mort d’Alaric II ; les Wisigoths doivent abandonner Toulouse, se replient sur Narbonne, puis Tolède

587-589 • Conversion du roi Récarède à l’orthodoxie romaine, déclin définitif de l’arianisme

672-680 • Règne de Wamba

711-719 • Conquête musulmane du royaume wisigoth jusqu’à la Septimanie, puis de l’Aquitaine

732 • Bataille de Poitiers (Charles Martel)

759 • Prise de Narbonne par les Francs (Pépin le Bref)

Francis Moreau
2018

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Bibliographie :


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Notes :


[1] Michel Christol, L'organisation des communautés en Gaule méridionale (Transalpine puis Narbonnaise) sous la domination de Rome. Chapitre 4, Entre Rhône et Pyrénées : autour de Narbone et de Béziers : "...il convient non seulement de placer les Rutènes dits provinciaux entre le pays de Narbonne et le pays rutène de Gaule Chevelue, mais aussi d’accorder à leur emprise géographique, si l’on considère la ligne de front, une ampleur comparable à celle des Volques Arécomiques ou des Tolosates. C’est pour cette raison qu’il semble vraisemblable de rechercher leur emplacement dans la vallée du Jaur et dans celle de l’Orb, au pied du Massif Central, dans une dépression qui sera occupée au Moyen Âge par l’évêché de Saint-Pons dans la partie occidentale et par l’évêché de Béziers dans la partie orientale.
[2] David Gazel, La Divisio Wambæ et les limites de diocèses de la narbonnaise wisigothe, communication à la Société d'Etudes scientifiques de l'Aude, 20 décembre 2014.
[3] HGL, concile de Narbonne (788) édit. Privat, tome 2, Preuves, col. 54-58.
[4] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 2, Note 2 Nouvelle Chronologie du siège de lodève, p.334.
[5] Voir David Gazel, Limites de cités et Pagi de La Narbonnaise. Il est à noter que Lunas sera au début du Xe siècle le siège d'un "suburbium" puis d'une "vicaria" au XIe. Dans les deux cas le "castrum" de Lunas était entouré d'une vaste circonscription territoriale, souvenir de l'ancien "pagus" ?
[6] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 2, Note 2, page 331.
[7] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 2, Note 2, page 332. Arianisme : doctrine professée par Arius et ses disciples qui est fondée sur la négation de la divinité de Jésus. L’arianisme niait la consubstantialité, c’est-à-dire, l’égalité de substance du Fils avec le Père et considérait Jésus le Fils de Dieu comme une nature inférieure, subordonnée. Cette hérésie, qui touche un point essentiel de la foi chrétienne: « la divinité de Jésus», a été condamnée par le concile de Nicée en 325.
[8] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 1, p.15-17.
[9] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 1, p.15-17.
[10] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 1, p.18.
[11] Le Credo issu du concile œcuménique de Nicée-Constantinople (325-381) est un texte qui explicite le contenu de la foi chrétienne. Il est reconnu par les chrétiens orthodoxes et les chrétiens catholiques :

« Nous croyons en un seul Dieu Père tout-puissant..... Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles.... Nous croyons au Saint-Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Père, doit être adoré et glorifié avec le Père et le Fils, qui a parlé par les saints prophètes. Et l’Église, une, sainte, catholique et apostolique... »
Afin de lutter contre certaines hérésies (en particulier l’arianisme), plusieurs églises locales occidentales rajoutèrent à ce Credo l’inclusion suivante : "il (le St-Esprit) procède du Père et du Fils" (filioque). Cet ajout, apparu en Espagne, est ensuite passé en Gaule, puis en Italie, puis Constantinople. Mais les moines de Constantinople virent dans cette inclusion un ajout indu et une provocation liturgique. Ainsi, s'explique la querelle théologique du Filioque.
La querelle atteint un point de non retour lorsque, à l’invitation de Charlemagne, le concile latin d’Aix la Chapelle (809) confirma la doctrine du Filioque.
[12] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 2, Note 2, p.332.
[13] Ernest Martin, Histoire de la Ville de Lodève, tome 2, Note 2, p.333.
[14] Pierre Garmy, Thérèse Panouillères et Laurent Schneider, "Mais où est donc Luteva ou géopolitique d'une capitale improbable", p.15.
[15] Ernest Martin, Cartulaire de la Ville de Lodève, II, III et IV, Analyse de donation par Louis le Débonnaire à Sisemund, évêque de Lodève, d'églises et terres à Lodève ou aux environs; Analyse de copie de lettres données par Louis le Débonnaire à Sisemund, évêque de Lodève, en faveur de son église et des hommes de son bénéfice; Analyse de copie de lettres données par Charles le Chauve à Tatila, évêque de Lodève, en faveur de son église et de la ville de Lodève (p.1-2).