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Francis Moreau

Présentation de travaux de recherches historiques et généalogiques

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Le Testament de Guillaume de Lodève

 

Le chevalier Guillaume II de Lodève est connu pour ses libéralités importantes envers l'abbaye féminine de Netlieu, au diocèse d'Agde, filiale de la grande abbaye de Valmagne. En 1248 il choisit ce lieu pour sa sépulture et on a voulu voir en lui le fondateur de l'abbaye.

Son Testament, daté du 6 septembre 1248, revêt plusieurs intérêts. D'abord il permet de replacer dans le bon ordre une généalogie qui fait habituellement l'impasse sur le fondateur de la lignée familiale. Ensuite il permet de faire la lumière sur la fondation de l'abbaye de Netlieu et ses commanditaires. Il est aussi l'occasion de sortir de l'oubli un troubadour méconnu, Jean Estève, attaché au service et à la mémoire de l'amiral Guillaume III. Enfin il permet d'éclairer la généalogie de la Maison de Lévis, dont un membre est choisi comme protecteur des enfants de Guillaume de Lodève.

Netlieu

Cloître de l'Abbaye de Valemagne
Abbaye de Valmagne, Jochen Jahnke, via Wikimedia Commons

L'abbaye de Netlieu avait été fondée, en juillet 1195, grâce une donation exceptionnelle de Raimond, Pons et Bérenger de Mèze à l'abbé de Valmagne, Pierre d'Autun. La fondation semble avoir tardé à se réaliser. Par une lettre datée du mois d'août 1248, Louis IX accorda un revenu de vingt livres, pris sur le péage de Béziers, afin de subvenir aux besoins de la jeune communauté cistercienne. Dans ce document, le roi attribue la fondation à Guillaume de Lodève.[1] Au second quart du XIIIe siècle, l'abbaye eut des protecteurs célèbres tel le roi Louis IX, mais aussi la reine Blanche de Castille et Gui de Levis, maréchal de Mirepoix.[2] En 1249, le pape Innocent IV confirma tous les privilèges de l'abbaye. Fait notable, cette donation à Valmagne a été approuvée par le conseil des Prud'hommes de la communauté de Mèze.[3] Supprimé en 1490, il ne reste rien aujourd'hui de ce monastère. Il aurait été situé à Mèze au lieu-dit « Le Pont des Mourgues » (le pont des monja c'est-à-dire religieuses en occitan).

Les trois premiers Guillaume

Le père de Guillaume II, Guillaume Ier (seigneur en partie de Montbrun en 1216), avait un frère, Bérenger, abbé de Saint-Thibéry. Tous les deux se sont fortement impliqués dans la lutte contre l'hérésie cathare. Après la bataille de Muret, victoire décisive de Simon de Montfort sur le comte de Toulouse (12 septembre 1213), Raimond-Roger, comte de Foix et allié de Raimond VI de Toulouse, avait fait sa soumission devant l'archevêque de Narbonne. Raimond-Roger dut remettre son château entre les mains du Pape. le 21 décembre 1214, le pape Innocent III accorda à l'abbé de Saint-Thibéry la garde du château. Au nom de son frère, Guillaume Ier sera gardien du château de Foix jusqu'en 1216.[4]

Guillaume II est l'un des meilleurs soutien de l'évêque de Lodève dans sa lutte pour la soumission des seigneurs de Clermont. Ces derniers, par leurs refus répétés de rendre l'hommage vassalique à l'évêque et leur proximité avec des agents du comte de Toulouse venus les inciter à se soulever contre l'autorité royale, s'étaient vu excommunier en 1242.[5] Passant outre aux injonctions de Louis IX, ils durent essuyer plusieurs procès. Guillaume de Lodève fut un de leurs juges. En 1249 Bérenger de Clermont fut condamné à rendre hommage et à protéger ses vassaux catholiques. Il fut interdit aux habitants de la ville de s'organiser en consulat (organisation communale).

Guillaume III,fils de Guillaume II, sera seigneur de Soubès et de Fontès, et amiral du roi Philippe III le Hardi en 1285. Il participera à l'expédition contre la Catalogne et l'Aragon et sera fait prisonnier après les batailles de Palamos (28 août 1285) et de Rosas (3-4 septembre 1285). Le troubadour Joan Estève, de Béziers, chantera ses malheurs:

Canso, vrai dir, quar apretz e velensa,
Al bon Guillem de Lodeva, qu'als pros
Val sar valors, quar sobre'ls cabalos
sap far ricx faigz, et Bel-Ray beutatz gensa.[6]

Joan Estève se range dans la catégorie des poètes populaires. C'est l'un des derniers troubadours. Guillaume de Lodève fut son protecteur et son ami à une époque où l'attention des grands se tournait plus volontiers vers les auteurs d'inspiration religieuse.

Les Dons à l'abbaye de Netlieu

La jeune abbaye de Netlieu reçut un appui décisif grâce aux libéralités de Guillaume II. Celles-ci sont détaillées dans le Testament qui les énumère avec précision. Il s'agit de plusieurs propriétés dans les terroirs de Montagnac, Pézenas, Florensac, Pomérols et Loupian. Il accorde une condamine, un pré et un moulin à Saint-Martin de Caux, ainsi que la valeur de deux sétérées d'oliviers chaque année et une partie des cens annuels du péage de Saint-Thibéry. Six saumates de sel chaque an sont prises aux salins de Caux. Il donne aussi des vignes et un plantier à Mèze, ainsi que du blé pris sur le terroir de Bouzigues. Il fournit l'argent nécessaire pour la canalisation de l'eau de la fontaine et l'achat de vêtements sacerdotaux et ornements d'église. Il confirme la donation de 20 livres accordée par le roi. Outre l'abbaye, il accorde aussi des dons à l'Hôpital de Saint-Thomas de Caux tenu par l'ordre du Saint-Esprit de Montpellier.[7] Les moniales recherchaient la solitude, mais aussi les commodités. L'eau était indispensable pour les usages domestiques et pour faire fonctionner moulins et machines. Les cisterciennes appréciaient la netteté, la clarté, extérieure et intérieure, exigence que reflète bien le nom de leur abbaye: Netlieu.

Les enfants

Guillaume II de Lodève avait épousé Fize dont la famille est inconnue. Le Testament fait état de six enfants:

Guillaume, le futur Guillaume III. C'est le garçon aîné qui doit prolonger la dynastie familiale. Il lui est demandé de faire Pierre de Mèze chevalier et reçoit 70 sous pour l'entretien de sa troupe.

Bertrand, qui est invité à entrer au monastère de Saint-Thibéry, soit pour s'y former aux lettres, soit pour devenir moine.

Brunissende, l'épouse de Guillaume de Guers, seigneur de Castelnau-de-Guers.

Ermessende qui est promise à Guillaume de Cabrières.

Bérengère, qui est offerte à l'abbaye de Netlieu.

Guiraud et Bérenger, dont leur père souhaiterait qu'ils se fassent clercs eux-aussi.

A part Guillaume et Brunissende, tous les autres enfants sont mineurs. Leur passage dans un monastère doit s’interpréter comme la volonté de leur accorder une éducation soignée. Leurs précepteurs s'appellent Jean Roger, Pierre du Pouget, Hugues des Rives et Pons, ce dernier étant qualifié de clerico magistro. Guillaume de Lodève confie la protection de son épouse et de ses enfants au Roi de France Louis IX et au Maréchal de Mirepoix.

Guillaume de Lodève, apparemment très malade, mourut peu après la rédaction de son testament, daté du 8 septembre 1248.

Le Testament de Guillaume II[8]

Anno a Christi Nativitate millesimo ducentesimo quadragesimo octavo. Rege Lodoyico Francia regnante et octavo idus septembris, Ego Guillelmus de Lodova in mea bona et sana memoriam existens, licet corpore patiar, testamentum meum seu ultimam voluntatem meam sic condo et facis et omnibus bonis seu rebus meis dispono in hunc modum. In primis eligo sepulturam corpori meo in cimeteria monasterii Sanctæ Mariæ de Neto loco. quodem dimitto de bonis meis pro salute et remedio animæ meæ quinquaginta libras melgorienses pro anima mea dividendas in pias causas ad arbitrium Domini Episcopi Lodovensis et fratris Dominici ordinis fratrum minorum vel alterius illorum, quas solvent infra octo dies post mortem meam Fizade uxor mea et Guillelmus Guersi dominus Castri Novum et Ramundus Berengarum de Suberio et Guillelmus de Marceillano gadiatores mei. Item volo quad duo millia solidorum melgorensium decentur in pias causas pro oblitis forifactis meis ad arbitrium dicti domini episcopi Lodovensis et Ramundi Berengari et Guillelmi de Marceillano prædutorum, quos volo solui infra annum a die mortis meæ, de pretio vaissella meæ argenteriæ praterea si et forifactis meis aliquis clamor evenerit, volo quod sine suepitu judiciiario audiatur coram dicto domino episcopo Lodovense et ad arbitrium ipsius emendetur et idem volo fieri de debitis si qua a mei deberi dicerentur qua per testere vel instumenta comprobari non possent. Pradicto vero monasterio Sanctæ Mariæ de Neto loco dono et lego omnes redditus et proprietates et iura omnia quos et quæ cui a Petro Bermundi et Pataua uxore sua quæ habeo in terminio castri de Montaniaco. Item lego dicta monasterio omnes redditus et proprietas et iura omnia quos et quæ habeo in toto terminio castri de Pedenacio et castri de Florensiaco et castri de Pomairolis et omnia iura quæ cui a Raimundo clerico de Lupiano in castro de Lupiano et in terminio eiusdem castri. Item lego et dono prædicto monasterio condaminam de Mota et campum et passu Sancti Martini de Cauxs et pratum et moleriam quæ sunt supra dictum passum. Item lego et dono prædicto monasterio duos sestario olii censuales annuatim præstandos in Purificatione Beata Mariam dicto monasterio quos habeo super pedagium de Sancto Thiberio. Item lego eidem monasterio sex saumatas salis proestandas annuatim eidem monasterio in festo Nativitate beatæ mariæ de salinis meis de Cauxs Item lego dicto monasterio totam vindemiam quam habeo terminio castri de Mesua quousque vinea quæ debet plantavi iuxta dictum monasterium ferat fructum. Item lego prædicto monasterio totum managium quod habeo in prædicto castro de Mesua. Item lego eidem monasterio viginti libras melgorenses censuales annuatim prestandii eidem monasterio quos dominus Lodoyicus Dei gratia rex Franciæ mihi et dicto monasterio super pedagium et bitteris contulit. Item lego prædicto monasterio adaptandum canalas per quas discurrit aqua de fonte dicti Monasterii versus caminum sicut est terminatum quatuor solidos melgorenses censuales et dominium annuatim prestando eidem monasterio quos habes et terminio castri de Montaniaco quos etiam cui a dicto Petro Bermundi et Pataua uxore scia volo etiam quod prædicti Ramundus Berengarii et Guillelmus de Marceillano accipiant et vendant totum radum meum et sol quo modo habes in castro de Mesua et in eius terminio et quorum prectio volo quod claudant dictum monasterium et plantant vineam ad opus dicti monasterii et emant libros calices et vestes sacerdotales et alii omnia ornementa eidem ecclesia necessaria sicut ipsis videbitur expectere si vero de dicto blada et sale non possent facere supradicta vilo quod deredditibus castri de Bosiguis prædicta omnia compleantum. Item lego hospitali de Cauxs viginti queumque solidos melgorenses censuales qui rabebuntar quolibet anno de conduxione cujusdam operatorii quod habeao in castro de Mesua et nisi haberentur de conduxione dicti operatorii volo quod per faciantur de scalicis quo habeo in dicto castro de Mesua dequibus viginti quinquie solidis melgorenses volo quod quolibet anno emantur panni neussarii dicto hospitali. Item lego dicto hospitali sex solidos melgorenses censuali et dominorum quod habeo in castro de Florensiaco ad aprandum canales per quas discurrit aqua de fonte sicut est terminatum faceo prosterea quod de legato mille solidorum melgorenseum quod fecit Raimunda Mesua uxor quondam Guillelmi de Pedenacio pertinenti ad ecclesiam Sancti Thomæ hospitalis de Cauxs, ego habui quaterentos solidos melgorienses et Raimundus de Montesino debet adhuc sexcentos solidos melgorenses volo et mando quod Raimundus Berengarii et Guillelmus de Marceillano prædicti recuperent ab heredes meo dictos quatrecentos solidos melgorenses et a Raimundo de Montesino sexcentos solidos et quod ipsos mille solidos melgorenses convertant et engent in ædificando dicta ecclesia Sancti Thomæ et de hiis ædificium dicte ecclesiæ compleant suo arbitro, quod si dicti mille solidos melgorenses ad complendum dictam ædifficium non sufficiant de aliis bonis meis suplicatur ad arbitum eorundem, in dicta vero ecclesiæ Sancti Thomæ hospitale Sancti Spiritus tenetur in perpetuum habere et tenere unum sacerdotem ad celebrandum divina et ad deferiaendum tandem. Item lego Joanni Rogeti clerico et Petro de Stagno et Hugo de Ripa et Pontio clerico magistro filiorum meorum decem melgorenses libras quas habeo consuales super villam de Lanairaco in hunc modum scilicet quod et ipsis decem libris habeat dictus Joannes Rogeti toto tantum tempore vitæ sua sexaginta solidos melgorenses et post mortem eius revertantur ad heredem meum et Petrus de Stagno sexaginta solidos melgorenses toto tantum tempore vitæ suæ et post mortem eum revertantur ad heredem meum et pro dicti Hugo habeat quadraginta solidos melgorenses quousque ordinetur in presbiterum et postquam ordinatus fuerit in presbiterum volo quod ad heredem meum revertantur et dictus Pontius habeat quadraginta solidos melgorienses quousque ordinetur in presbiterum et postquam ordinatur fuerit presbiterum, volo quod ad heredem meum revertantur. Item quod Guillelmus filius meus et heredem faciat militem Petrum de Mesua et sit semper cum es et si dictus Guillelmus filius meus nollet ipsum facere militem ad cognitionem Guillelmi de Marceillano prodictorum, lego ipsi Petro de Mesua septingentos solidos melgorenses pro milita sua. Item volo quod Raimundis Berengarii prædictus et Ramundus Castellani credantur simple verbo de omnibus quæ ipsi de dolo et solvantur de bonis meis, Bertrandum filium meum offero pro monachi monasterii sancti Thiberi, et volo et percipio quod heredes meus provideat sibi .. ingressu monasterii tam in vestibus quam il lecto et in percaratione contentus secundum consuetudinem dicti monasterii, et relinquio eodem Bertrando filio meo juro institutionis viginti libras melgorenses solvendas prædicto monasterio infra quatuor annos post ingressum ipsius Bertrandi et quibus quolibet anno centum solidi melgorenses persolvantur et hiis contentus dictus Bertrandus nil amplius possit petere in bonis meis vel alius pro eo filio meo Guillelmo professo ordinis Grandis Montis et domui Sancti Michaelis eiusdem ordinis sitæ in Lodovensi dyocesi pro dicto Guillelmo iure institutionis ipsius filii mei et in remedium animæ meæ et pro tenendo ibidem viro sacerdote eiusdem ordinis in perpetuum qui celebret pro animabus mei et parentum memorum et omnium fideliam defunctorum relinquo mille quingentes solidos melgorenses, volens et concedens quod dicta domus sextarium meum de Lodova teneat et redditus percipiat quia usque inde dictos mille quingentos solidos melgorienses habuerit et hiis contentus prefatus filius meus Guillelmus nichil amplius possit petere ipse nec domus dicta in bonis meis vel aliud pro eise Brunixendi filia mea uxori Guillelmi Guersi domini Castri Novi dedi et integraliter solui in dotem septem millia solidorum melgorensium, dictam vero dotem et insuper decem libras melgorienses jure institutionis relinquo eidem filiæ meæ et volo quod hiis sit contenta et non amplius possit petere de bonis meis vel aliud pro ea Ermecendi filiæ meæ maritendæ dono in dotem quinqua millia solidorum melgorensium et volo quod hiis sit contenta et nihil posset petere amplius in bonis meis vel alui pro ea. Cœterum si dicta Ermexendis matrimonium contraxerit cum Guillelmo de Capreria filio Ermenonis de Fontesio dono eidem Ermecendi in dotem Castrum de Fontesio Biterensis dyocesis cum omni iure quod ibi habes intus et extra preter possessiones terras et prata et aliquæ possedes in territorio quod dicitur Stagnum quod est in parrochia de Pereto et in territoria de Campaniaco sicuti terminatur per stratam publicam qua ducit de Claromonte apud Nisacium et volo quod dicto castro sit contenta et nihil amplius posset petere in bonis meis nec etiam illa quinque millia solidorum melgorensium superius nominata, verumtamen si dicti Ermecendis vel filii et ipsa habiti castrum amiserint memoratum ita quod culpa ipsius Ermecendis vel filiorum suorum non intervenientis sive de iure cuictum fierit ab ei et vel ab ea sive per potentiam atricius violenter fuent et irrecuperabiliter ablatum volo quod heredes meus dicta Ermecendi vel filiis suis tanhem de ipsa genitis teneatur restituere ... quinque millium solidorum melgorensium quam summam dicte Ermecendi vel filiis suis de ipsa tantum genitis dono Berengariam filiam muam offero pro monachi dicto monasterio beatæ mariæ de Netoloco et volo et percipio quod heredes meus provideat sibi in ingressu monasterii tam in vestibus quam in lecto et in provisionibus monialium secundum consuetudinem ordinis illuit relinquo etiam ei jure institutionis campum quem eui a Guillelmo Gaucelino qui est in parrochia Sancti Martini de Cauxs et nil amplius possit petere in bonis meis ipsa vel aluid propea Guiraudum et Berengarium filios meos volo esse clericos et volo et percipio quod heredes meus faciat eos docere bene et fideliter itaquod continuem habeant instructorem sive magistrum usque ad decimum quintum annum ætatis ubriusque et quod provideat eis in virtu et vertitu et in aliis necessariis sives tanquam fratribus suis. Item Guiraudo prædicto filio meo relinquio jure institutionis viginti libras melgorenses annuatim unde posset ab dicti et eadem percipiat a decimo quinto anno ætatis suo quamdiu vixent et volo quod dictas viginti libras solvat et heredes meus annuatim quod si facere noluent volo quod peraplat in tota vita sua dictus Guiraudus omnes reddenis et obuensides quos labeo in dicto castro de Bosici et in territorio eiusdem, itaquod dictum castrum teneat et possedat cum omni iure suo et nihil de bonis vel juvibus posset destraheres nisi friches, ita quod post mortem ipsius dictum castrum cum omnibus iuribus suis et pertinentiis intus et ea sua ad heredem meum revertatur. Item Berengario filio mea relinquo alias viginti libras melgorensem iure institutionis unde posset addiscere et ead percipiat a decimo quinto anno ætatis sua quamdiu vixerit et volo quod dictas viginti libras melgorenses solvatei heredes meus annuatim, quod si facere noluent volo quod eam Berengarius in tota vita sica habeat et participiat omnes redditus et obientiones quos habeo in parrochia seu in territorio de Pauiano ita quod lice omnia supradicta teneat et possedent in vita sua dictus Berengarius et nihil et bonis vel juribus posset destrahere preter fructus sed post mortem ipsius ad heredem meum cibere revertatur volo cham quod si alhes ipsorum scilicet Guiraudi et Berengarii vel utriusque religionem intracessit anno et mense probationis elapso illa quæ hunc haberent et ..ierent et bonis meis ad providum heredem meum sive diminutione aliqua revertantis et in bonis meis nichil postea vetua petere possint Rogo tamen præ festose filios meos scilicet Guiraudum et Berengarium ut si in sœculo manentes divina disponente beneficias fuerint ab ecclesia compatientes honori meo quem multam arecitam dimite compatientes relicta me ipsis facta eidem heredes meo remittant scilicet singuli qui beneficiat fuerint si eis placuerit aut si eis videbitur faciendum, si vero heredes meus prodictis filiis meis Guiraudi et Berengario usque ad decimum quantum annum secundum quod superius dictam est nollet providere ab domino episcopo Lodovenses qui ibi fuent pro tempore compilatur Fizam uxorem meam dimitto dominam ordinatricem et administratricem domus mea et omnium bonorum meorum utiumque sint in tota vita sua ipsam etiam consilio itricem et gubernatorum infantum meorum et volo quod ipsa custodiat et teneat ipsos infantes et bona mei ipsorum tanquam dna et hibix et gubernatrix et dispenset de rebus meis bene et fideliter sicut consicecuit cum consilio tamen Guillelmus Guersi, Raymundi Berengarii, Guillelmi de Marceillano productoriis quos gadiatores et consiliatores uxoris mea et infantum meorum facio et constituo, dicta vero uxor mea in fine vitæ sive possit recuperare quinque millia solidorum melgorensium pro dote sua et de eis disponere pro voluntate sua, verum si in vita sua adutis aberis meis recedere noluent quod Deus accertat, volo quiod heredes meumeidem restituat sex mille solidorum melgoriensium pro doto sua et quitus posset disponere pro voluntate sua et etiam relinque eadem omnes redditus et obientiones quos habeo apud mesuam uncumque et quocumque titula michi contingant excepto illis quæ dicto monasterio Sancta Mariæ de Netoloco legavi. Item qod dictos redditus habeat et percipiat tantum in vita sua et post mortem eius omnia quæ habeo, tenes et possideo apud matricam ad heredem meum libere reicentantur. In omnibus aluis bonis et iuribus quæcumque et ubicumque sint, Guillelmum filium meum laicum heredem universalem instituo volens et mandans quod ipse ad impleat omnia supradicta scilicet quæ a me sunt superius ordinata quod si dictus Guillelmus filius meus a me heredes institus mihi heredes esset fachis sine liberas ex uxore susuptis existens monasterium ingredentur, bona mea pertinent volo ad Guiraudum filium meum si hinc vivat et si domum religiosam ingressus non fierit. Item si dictus Guillelmus a me heredes institutus in sæculo manens sine liberis deussent posquam michi naves factus fuerit, dictam Guiraudum si monasterium ingressus non fuerit sibi substituo et in hiis præmissus casibus ipsum Guiraudum heredem facio, quod se dictus Guiraudus non viviret aut bona mea habere nollet aut monasterium esset ingressus, sub eadem forma Berengarium filium meum dicto Guillelmo filium mei et heredem mei facio in casibus antedictis si idem Berengarius monasterium ingressus tunc non erit, dictos vero infantes meos et Fizam uxorem meam et bona eorumda admito in custodia Dei et protectione domini regiæ Franciæ et domini marescallei de Mirapeis, bona autem ipsorum qua habent in episcopatu Lodovenses dimitto in protectione domini episcopi Lodovensis, bona vero quæ habent in episcopatu Agathensis dimitto et protectione domini episcopi Agathensis et dicti domini marescalli, hac est ultima voluntatem mea, quam caudo, approbo et confirmeo et se non valet ut testamentum volo quod valeat ratione codicillorum vel alterius cuiuslibet ultima volantatis, huius res sunt testes vocati et rogati dominus Guillelmus Dei gratia Lodovensis episcopus, frater Dominicus de ordine minorum, Guillelmus Guersi dominus Castronovi, Petrus de Fabruis, Raymundus de Peironeti, et Guillelmus Bertrandi canonici Lodovensis, Raymundus Berengarii de Subercio, Berengarius de Sobeyracio, Berengarius de Fabriciis et Joannes Ruphi publicus notarius de Montaniaco pro dicto domino rege qui rogatus de prodicto testatore hoc scripsit OOOO Et post hæc anno quo supra tertio ides octobris dicta domina Fizas accedent coram venerabilibus patribus Guillelmo Dei gratia episcopo Lodovense et Petro eadem gratia episcopo Agathense significavit eisdem quod nobilis vir Guillelmus de Lodova maritus suus quondam testatus decesserat cuidem testamentum in se..ptis fuerat redactum permanium Joannis Ruphi publici notarii de Montaniaco, cuid testamenti æternam rei memoriam et ad habendam in judicia et extra perpetuo firmitatem petuit dicta domina fieri publicationem, et nod. Guillelmus et Petrus episcopi prædicti videntes et agnoscientes petitionem fore justam cum justa petentibus non sit denegansius acinsus recepto prius juramento de ... a dicto notario et a Guillelmo Guersi domino Castri novi et a Petro de Fabriciis et a Raimundo Peyroneti et a Raimundo Berengarii de Subercio et a Guillelmo de Marceillano et a Berengario de Fabruis qui dicta dispositioni seu ultimæ voluntati dicti nobilis viri Guillelmi de Lodova inter fuerunt et reperto procerta causa agnitione mediante quo dictus Guillelmus de Lodova nobilis vir prout superius contrichor sicam distribuit ultimam volontatem deo .... episcopi cognoscentes hæc omnia prædicta esse vera dictum testamentum et omnia ibidem contenta in publicam formam redigentes, laudamus, concedimus et approbamus deruetum nostrum ibidem apponentes et ad æternam rei memoriam nostrorum sigillorum mununme prædicta omnia universa et singula vabaramus, facta fuit hæc mileratio apud Montaniacum in domo ecclesia de Montaniaco huius publicationis sunt testes vocati et rogati dominus.s.Dei gratia abbas monasterii Sancti Thiberii, Petrus de Rocafixa, Joannes de Pojeto præcentor Lodovensis, Raimundus de Murovetari, Raimundus de Moresio, Bernardus de Caucis, Amelius Arnaudi officialis domini domini episcopi Agathensis et prœdictus notarius qui jussis a dictis dominis episcopis et dicta domina hæc scripsit OOOO hoc instrumenti transilit, transcripsit et seu translatavit prodictus notarius de Autenhiac instrumento fideliter de verbo ad verbum nihil augens vel minuens anno a Christi Nativitate millesimo ducentesimo quinquagesimo rege Lodoyico Francia regnante quarto calendas maii videntibus discernentibus, abscultantibus conferentibus istud instrumentum cum originali.

Francis Moreau
septembre 2016

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Notes :


[1] M.H.Fisquet, La France Pontificale, Montpellier Première partie, pp.591-592.Voir aussi Daniel Rouquette (1982): Note sur la date de fondation et l'emplacement de l'abbaye de Netlieu, in: Mélanges Anselme Dimier, T.1.3,6;697-700. Voir aussi Devic et Vaissète, Histoire Générale du Languedoc, Tome 6, Privat, Toulouse, 1879, page 797.
[2] Gui Ier de Lévis (1180-1233). Il participe activement à la croisade contre les hérétiques cathares sous les ordres de Simon de Montfort, il est fait Maréchal de la Foi en 1222. Gui II, son fils, (1210-av.1261), seigneur de Pomérols et Florensac, maréchal de Mirepoix (décès entre 1249 et 1261). Guillaume de Lodève met son épouse et ses enfants sous la protection du roi et du "maréchal de Mirepoix". Gui III (fils de Gui II) aussi seigneur de Pomérols et Florensac (env.1242 - env.1299) était trop jeune en 1248 pour assumer une telle responsabilité. Voir la généalogie de la maison de Lévis: (Lire en ligne)
[3] Cartulaire de Valmagne, Premier tome, f° 143-144, Archives Départementales de l'Hérault 9H37. (Lire en ligne)
[4] Devic et Vaissète, Histoire Générale du Languedoc, Tomes 6 et 8, Privat, Toulouse 1879, pp.453 et 682-683. Les auteurs nomment Bérenger comme gardien du château de Foix, mais il s'agit d'une confusion entre Bérenger, abbé, et son neveu Guillaume. Voir aussi Abbé Bigot-Valentin, Histoire Populaire de Fontès, Grollier 1878, p.29. Pour les possessions de Guillaume de Lodève dans le diocèse de Lodève, voir Ernest Martin, Cartulaire de la ville de Lodève, Serre et Romegous, Montpellier 1900,acte XLII, page 38.
[5] Ernest Martin, Chronique et Généalogie des Guillem seigneurs de Clermont, Marseille 1892, pp.13-15. A la suite du massacre de plusieurs inquisiteurs à Avignonet (28 mais 1242), Raymond VII tenta en vain de soulever les seigneurs et les chevaliers de la région. Il n'eut pas le soutient du comte de Provence et du roi d'Aragon, ce soulèvement fut un échec.
[6] Bulletin de la Société Archéologique de Béziers, II, I, 221-227, année 1859, pages 208 à 260. (Lire en ligne)
[7] Ordre du Saint-Esprit de Montpellier, ordre hospitalier fondé vers 1180 par Guy de Montpellier.
[8] Manuscrits de la collection Baluze, n°81, f°128. (Lire en ligne)