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Francis Moreau

Présentation de travaux de recherches historiques et généalogiques

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Jean Félix Henri de Fumel apologète polémiste et pasteur

 

Jean Félix Henri de Fumel voit le jour dans une famille de la vieille noblesse du Quercy. Il naît à Toulouse le 27 mars 1717. Il est baptisé le 30 mars dans la cathédrale Saint-Etienne.[1] Son père, Louis de Fumel, est comte de Fumel, baron de Paulhac, seigneur de Haut-Brion, Margaux, Pessac, Hautes-Vignes et Lavelanet.[2] Sa mère, Catherine-Thomas de Bertier est la fille de François de Bertier, premier président du parlement de Toulouse. Puîné, Jean Félix Henri est promis à la prêtrise. Son parrain est Jean de Catellan, évêque de Valence, et frère de Marie de Catellan grand-mère maternelle du nouveau-né. Il est le troisième d'une famille de huit enfants, dont Joseph qui sera guillotiné à Bordeaux le 27 juillet 1794 et Marguerite-Laure qui deviendra abbesse de l'abbaye cistercienne de Sauve-Bénite au diocèse du Puy.[3]

Les études

Le jeune Fumel fera ses humanités puis sa théologie au collège des jésuites de Toulouse. Il restera profondément marqué par l'esprit jésuite qui inspirera ensuite sa conduite pastorale: goût de l'universel; lutte contre les situations d'injustice; rigueur doctrinale; attachement au Pape et à la hiérarchie romaine. En 1761 il est un de ceux qui protestent contre les manœuvres du Parlement de Paris à l'encontre les jésuites. On sait que ces manœuvres aboutiront au bannissement de la Compagnie de Jésus par le roi Louis XV en novembre 1764. Il termine ses études ecclésiales au séminaire Saint-Sulpice à Paris, étape décisive dans la formation d'un futur cadre de l'Église de ce temps.[4] A 29 ans il est abbé commendataire de Belleperche, abbaye du Saint Ordre de Cîteaux et prieur de N.D. du Rocher à Mortain.[5]

Son ascension est rapide. A 30 ans il devient Vicaire Général du diocèse de Vannes et Archidiacre. Il est en même temps Chanoine-Comte de Brioude.[6] A 33 ans, il devient Évêque de Lodève.

L'évêque

Il est sacré à Vannes le 25 mai 1750. Le 14 août, il prête serment de fidélité au Roi dans la chapelle de Versailles. Il fait son entrée solennelle à Lodève le 29 novembre 1750.

Dès son arrivée à Lodève, il prend le contre-pied de son prédécesseur jugé trop rigoriste et trop indulgent avec les thèses jansénistes. Une centaine d'exemplaires des Conférences Ecclésiastiques de Mgr de Souillac devait être vendue au profit de l'Hôpital de Lodève. Il fait saisir le tout. Il écarte brutalement le père Martin, diacre d'office de la cathédrale. Ce prêtre de la doctrine chrétienne était l'éminent inspirateur de l'œuvre de Mgr de Souillac. Il congédie un autre doctrinaire, le père Céas, vicaire de Saint-Pierre. Enfin, il cantonne Mr Dufau, prieur de Mérifons, dans les limites de sa paroisse. Mr Dufau avait eu le tort de ne pas adhérer à la constitution « Unigenitus ».[7]

On l'accuse aussi de s'être approprié à vil prix les meubles que Mgr de Souillac avait légués à l'Hôpital de la ville.[8]

En réalité, Monseigneur de Fumel s'attache à défaire l'œuvre un peu trop rigoriste de son prédécesseur[9] au profit d'une pratique religieuse plus tolérante, notamment en matière d'abstinence et de bals publics, ces derniers ayant été strictement interdits par Mgr de Souillac. Il trouve dans son diocèse une situation qui n'a pourtant rien d'alarmant: seulement quelques traces d'irréligion, de protestantisme, de jansénisme. Ramener les irréligieux, convaincre les nouveaux convertis, écarter les rigoristes, canaliser la dévotion populaire, telle est la tâche qui l'attend et à laquelle il va se consacrer quarante années durant.

Œuvre religieuse

Jean Henri, comte de Fumel, évêque de Lodève
Jean Henri de Fumel, évêque comte de Lodève, médaille en bronze de 1774, The Metropolitan Museum of Art, New York

Son œuvre religieuse est celle d'un polémiste et d'un didacticien hors-pair. Son combat est placé d'emblée sous le signe d'une exigence irrépressible : « ...tant qu'il nous restera un souffle de vie nous n'oublierons pas le compte terrible que Dieu doit nous demander de vos âmes. » [10] Le XVIIIe siècle est traversé par de puissants courants qui semblent menacer l'Église. Celui des Lumières d'abord, dont les attaques contre le clergé finissent pas miner son autorité et ruiner son prestige. Celui de l'irréligion enfin, qui pousse les fidèles à ne plus respecter le caractère sacré des lieux et les conduisent à agir de façon profane dans des endroits et des temps autrefois réservés à la prière et au recueillement. Les évêques de cette époque s'emploient à exiger une attitude respectueuse et veulent promouvoir une pratique religieuse équilibrée et harmonieuse. Cependant, ce siècle est aussi le siècle des catéchistes qui, à la suite d'un Grignon de Montfort,[11] promeuvent une catéchèse active à destination des masses populaires. Monseigneur de Fumel se place immédiatement dans cette optique qu'il juge la seule propre à combattre le rationalisme hostile à la religion et à l'Église officielle.

Il s'attaque d'abord au jansénisme dont la vision pessimiste de l'homme conduit à refuser l'idée même du libre-arbitre. Pour les jansénistes, la grâce n'est donnée que parcimonieusement à de rares élus. Cette constatation les conduit vers une morale exagérément tournée vers la rigueur et l'austérité. Ils se retranchent eux-mêmes des fidèles ordinaires, ceux qui ne trouvent pas en eux la force nécessaire pour adhérer en pratique à une morale qui les éloigne des sacrements et des réjouissances de l'église. Ces fidèles se voient encore trop souvent refuser la Sainte Communion par des prêtres pusillanimes.

L'évêque de Lodève est partisan d'une religion plus populaire, qui ne décourage pas les fidèles et qui prône une morale du compromis et de la confiance en l'homme. Pour lui, la grâce est accordée en abondance à tous, même si elle ne peut faire son effet que par une décision du libre-arbitre de chacun.

Il s'attaque ensuite à l'esprit du temps, celui des lumières, qui d'après-lui corrompt la représentation de Dieu, caricature l'église, néglige les dogmes et enfin de compte conduit à l'incrédulité. Dans ses Instructions il condamne le Dictionnaire de Bayle; les Lettres persanes de Montesquieu; le livre De l'Esprit de Claude Adrien Helvetius; un recueil des Pièces fugitives de Voltaire; Les Mœurs de François-Vincent Toussaint et l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. [12]

Dans l'Instruction Pastorale sur les sources de l'incrédulité du siècle, il se lance dans un commentaire virulent de Émile ou de l'Éducation de Jean-Jacques Rousseau. L'évêque s'en prend à l'idée d'une loi naturelle suffisante et rappelle la nécessaire institution des lois positives : « ...qu'on fasse tant qu'on voudra l'apologie de la loi naturelle; elle est bonne, elle est juste, elle est sainte, elle est au-dessus de nous l'impression de la lumière de Dieu; c'est le livre de la sagesse et de la vérité, dont le cœur de l'homme est le dépositaire; il est vrai : mais à côté de ce Livre il en est un autre toujours ouvert, c'est celui de notre nature corrompue, dont les leçons contradictoirement opposées à celles du premier, portent dans nous le désordre, le trouble et la confusion. »[13]

Monseigneur de Fumel poursuit encore en démontrant la vérité et l'utilité des miracles produits dans les Évangiles : « Les objets de la foi choquent la raison orgueilleuse de nos philosophes. » Il prend la défense des dogmes de l'Église : « La Foi n'est point une science, c'est un acte de soumission de notre entendement à un vérité révélée. »[14]

Par une autre Instruction, l'évêque de Lodève introduit dans son diocèse la dévotion du Sacré-Cœur de Jésus. D'emblée, il se place encore dans une perspective apologétique. Il veut « confondre les incrédules »[15] et dénoncer « les esprits superbes, masqués d'un zèle apparent pour la pureté et la sainteté de la religion qui ne tendent qu'à lui ravir tout ce qui sert d'aliment dans le cœur du fidèle »[16]

Le cœur matériel de Jésus est alors considéré comme le symbole de l'amour divin. C'est à cause de cet amour que Jésus, fils de Dieu, a pris la nature humaine et a donné sa vie pour tous les hommes en montant sur la croix.

L'évêque entreprend ainsi de justifier et d'encourager la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus-Christ, capable de convaincre l'incrédulité: « Plus la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus essuie de contradictions; plus elle acquiert aux yeux du fidèle, le caractère de l'œuvre de Dieu... »[17]

Le culte du Sacré-Cœur de Jésus-Christ répond au besoin d'une spiritualité personnelle, voire intime, abondamment nourrie par la méditation. La dévotion au Sacré-Cœur est populaire, presque nationale, parlante dans son expression, séduisante pour les plus éduqués des chrétiens. Elle s'inscrit également dans une perspective universelle puisque approuvée par Rome. Évangéliser et catéchiser, voilà les buts de Monseigneur de Fumel.

Les soucis du pasteur rejoignent ici celles de l'apologète. Monseigneur de Fumel se fera respecter et aimer dans son diocèse grâce à sa proximité et sa bienveillance envers son troupeau. Il en visitera toutes les paroisses, sera toujours à l'écoute de ses prêtres et des fidèles. Évêque sensible, il s'adressera à la sentimentalité de ses ouailles en les impressionnant par le faste et la chaleur des offices religieux célébrés dans sa cathédrale.

Le 20 novembre 1768, l'évêque de Lodève a l'honneur de prononcer l'oraison funèbre de la reine Marie Leczinska devant les États de Languedoc, assemblés en l'église de N.D. des Tables à Montpellier. Dans les mêmes conditions, il prononcera l'oraison funèbre de Louis XV le 13 décembre 1774. C'est l'occasion pour lui de brosser le portrait du monarque idéal : Où sont les chefs des Nations, les Potentats de l'Univers, ne se prévalants jamais de la grandeur de leur Puissance à l'exemple du Grand Roi dont l'esprit saint nous peint ici le cœur si généreux et si bon ? Où sont les Maîtres du Monde, occupés comme lui, du bien et de la tranquillité des Peuples; plus jaloux du titre de leur bienfaiteur, que de celui de leur Souverain; toujours soigneux de faire précéder la clémence et la douceur dans l'exercice des droits de la Royauté ? Régner ainsi, c'est imiter l'Être Tout-Puissant, dont les Rois sont ici-bas les images; c'est produire aux yeux des hommes le souverain pouvoir dépouillé de tout orgueil, mettre sa gloire à faire le bonheur de ses semblables, s'assurer l'Empire de tous les cœurs.

Monseigneur de Fumel crée encore une bibliothèque diocésaine à l'intention des prêtres, installée dans une aile de son évêché. Mais curieusement il ne soutient pas le séminaire et vend les ruines du monastère Saint-Sauveur à un particulier. Résolument hostile à la juridiction spirituelle de l'abbaye de Saint-Guilhem du désert sur les paroisses Saint-Barthélémy et Saint-Laurent, il s'efforce de convaincre les religieux de reconnaître la suprématie épiscopale. N'y parvenant pas, il se fait nommer abbé du monastère en 1781. L'année suivante, mettant toute son autorité dans la balance, il parvient à réunir le bénéfice de l'abbaye avec l'évêché de Lodève. Pour contenter les religieux, il fait du prieur claustral son vicaire général.[18]

Œuvre civile

En tant que Comte de Montbrun l'évêque de Lodève est aussi seigneur dominant à Lodève et sur une grande partie du diocèse. C'est à ce titre que son œuvre civile revêt une particulière importance.

Imbu de ses prérogatives, il exige de connaître à l'avance les candidats au consulat de la ville. C'est lui qui autorise les séances d'élections. Les consuls nouvellement élus doivent prêter serment de vassalité entre ses mains [19] . Il fait présider les assemblées communales par l'un de ses officiers. Il est également chargé de la surveillance des auditeurs des comptes de la commune. Enfin, c'est lui qui a en charge la sécurité des biens et des personnes dans la ville. [20] Il avait un Suisse à son service, le dernier à occuper le poste s'appelait Jean-Louis Journaud. C'était un protestant converti, originaire de Lausanne, en Suisse.[21]

En administrateur avisé, il utilise habilement sa place aux États de Languedoc pour favoriser et hâter la réalisation de ses projets. Il fait construire le corps latéral de l'évêché pour y recevoir la bibliothèque du clergé, ainsi que l'admirable escalier de style Louis XVI (1779). Il fait élargir le pont de Lergue pour favoriser la circulation à l'entrée principale de la ville (1786); il entreprend la construction des routes reliant Lodève à Grammont et Lodève à Saint-Jean-de-la-Blaquière; fait construire les ponts de Celles et de Formis; favorise l'Hôpital et l'œuvre de la Miséricorde.[22]

Il demande au toulousain Bertrand Garipuy la conception et la réalisation du pont de Gignac (1774).[23] Avec sa grande arche en anse de panier qui franchit d'une seule volée toute la largeur du fleuve Hérault, ce pont est considéré comme l'un des plus beaux de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Enfin, il fait construire et élargir la route menant à Saint-Guilhem du Désert. « La première fois qu'il vint en voiture visiter son abbaye, les mineurs, qui étaient des Piémontais, avaient disposé une série de mines dans le roc du Pan. On y mit le feu à son passage, et le prélat fut salué par une magnifique salve d'artillerie. » raconte l'abbé Léon Vinas, sur la foi de plusieurs vieillards.[24]

Il donne à la cathédrale son aspect intérieur actuel en faisant démolir le jubé en pierre qui séparait le chœur de la nef. C'est lui qui fit faire le grand autel que l'on voit aujourd'hui. Du côté opposé, il fit élever une tribune sous la grande rosace de la façade occidentale. Il soutînt pécuniairement son Chapitre pour l'installation sur cette tribune de l'orgue de Lépine et dom Bedos (1753). Le souci de la magnificence des cérémonies liturgiques présidait à ces transformations.[25]

Il meurt dans son palais épiscopal de Lodève le 26 janvier 1790 à 3 heures du matin.[26] Nul ne peut douter que ces dernières pensées aient été assombries par les récents événements politiques et révolutionnaires. Quelques mois plus tard, par le vote de la Constitution Civile du Clergé, l'assemblée constituante supprimait le diocèse de Lodève. [27]

Francis Moreau
2015

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Bibliographie :


Appolis Emile : La Juridiction spirituelle de Saint-Guilhem-le-Désert et les évêques de Lodève (1284-1784), Dans les Annales du Midi Année 1953 volume 65 numéro 22 pp.153-170
Appolis Emile : Le Jansénisme dans le diocèse de Lodève au XVIIIe siècle, Albi 1952
Backer (de) Augustin et Alois : Bibliothèque des Écrivains de la Compagnie de Jésus, imp. L.Grandmont-Douders, Liège 1861
Bène (abbé) : Mgr de Fumel, dernier évêque particulier de Lodève, Pézenas: F.Richard, 1879
Collectif : Un diocèse languedocien : Lodève Saint-Fulcran, Maury, Millau 1975
Condorcet : Réponse aux objections publiées contre l'Institut des Jésuites avec une lettre de Condorcet, évêque de Lisieux adressée à M. l'Archevêque de Paris et d'une de M. de Lodève à M. le Chancelier, S.I. 1761
Fumel (de) : Mandement et Instruction pastorale de Monseigneur l'évêque de Lodève touchant plusieurs livres ou écrits modernes, portant condamnation desdits livres ou écrits, Acte, 1759-11-21, F.Rochard, Montpellier 1759
Fumel (de) : Lettre de Monseigneur l'évêque de Lodève A un seigneur de La Cour, 1763, Lire en ligne
Fumel (de) : Instruction pastorale de Monseigneur l'évêque de Lodève sur les sources de l'incrédulité du siècle, Paris 1765, Lire en ligne
Fumel (de) : Le culte de l'Amour divin ou la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus par Messire Jean Félix Henri de Fumel, évêque et comte de Lodève. Nouvelle édition augmentée des réponses aux objections...pour l'instruction et à l'usage des fidèles de son diocèse, 2 volumes. Lodève 1776
Fumel (de) : Pratique de l'Amour Divin dans la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, Lodève, 1770
Fumel (de) : Instruction pastorale sur le culte des saints Anges et ordonnance portant l'institution à perpétuité d'une fête solennelle à l'honneur de ces Esprits bienheureux dans toutes les villes et paroisses de son diocèse,Rochard,1765
Fumel (de) : Rituel Romain,J.-J.Niel,1781
Fumel (de) : Missale Lodovense,Paris 1776
Fumel (de) : Oraison funèbre de Très-Haut, Très-Puissant et Très-Excellent Prince, Louis XV, roi de France et de Navarre, par Monseigneur Jean Félix Henri de Fumel, Évêque, Comte de Lodève, Saillant et Nyon, Hérissant,Paris 1775
Fumel et Condorcet : Lettres aux rr.pères Jésuites, au sujet de leur réponse aux objections publiées contre leur institut et de deux lettres apologétiques de la Société, par MM les évêques de L*** (Lodève) et de L*** (Lisieux), Paris, 1762
Lazaire Elisée : Eloge de Mgr Jean-Félix-Henri de Fumel, évêque et comte de Lodève, Montpellier: G.Firmin, 1890
Martin Ernest : Histoire de la ville de Lodève, En deux parties, Montpellier 1900
Martin Ernest : Cartulaire de la ville de Lodève, Montpellier
Mass Edgar : Le supplément aux Lettres Persanes de 1754 : une édition qui n'a pas eu lieu, dans Montesquieu œuvre ouverte ? (1748-1755), Actes du colloque de Bordeaux (6-8 décembre 2001), présentés et publiés par Catherine Larrère, Ligori Editore, Napoli - Voltaire Foundation, Oxford, pp. 51 à 56
Peronnet Michel : Fumel, Lodève et la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, Dans Études sur Pezenas et sa Région, VI-N°3, 1975, pp.21-35
Rochemonteix (de) Camille : Un collège de Jésuite aux XVIIe et XVIIIe siècles, le collège Henri IV de la Flèche, Leguicheux, Le Mans, 1889
Vinas Léon : Saint-Guilhem-Du-Désert, Lacour, Nîmes, 1991

Notes :


[1] Archives de la Haute-Garonne 2E IM 8381.
[2] Fumel et Hautes-Vignes (Lot-et-Garonne); Paulhac aujourd'hui Pauillac, Haut-Brion, Margaux, Pessac (Gironde); Lavelanet (Ariège). Jean Félix Henri est le troisième enfant du couple après François Joseph Thomas né en 1713 et Marie-Marguerite née en 1716. Naîtront après lui: Marguerite Laure (1719); Joseph (1720); Jean Georges (1721); François Joseph (1723) et Marguerite Elizabeth (1726).
[3] commune de La Séauve-sur-Semène (Haute-Loire).
[4] L'Ami de la Religion et du Roi, tome 58, Paris 1829, p.127.
[5] commune de Cordes-Tholosannes (Tarn et Garonne), aujourd'hui Musée des Arts de la Table. Archives départementales de l'Hérault, 8HDT C 5. Prieuré bénédictin de ND du Rocher à Mortain (Manche) Archives Départementales de l'Hérault 8HDT C 4.
[6] Chronologie du ci-devant Chapitre de Saint-Julien de Brioude par MM Dantil et de Chavanat, Paris 1805.
[7] Bulle du pape Clément XI pour dénoncer le jansénisme (8 septembre 1713). Le père Jean Martin était né à Lodève le 28 mars 1706, mort à Montpellier le 21 septembre 1755. Il collabora à l'Histoire Ecclésiastique de l'abbé Bonaventure Racine et à plusieurs ouvrages de Charles Rollin.
[8] Nouvelles Ecclésiastiques pour l'année 1752, pages 205-206.
[9] Jean-Georges de Souillac évêque 1732-1750.
[10] Instruction pastorale sur les sources de l'incrédulité, page 8.
[11] Louis-Marie Grignon de Montfort (1673-1716) évangélisateur de l'Ouest de la France.
[12] Histoire Générale de l'Église, tome 10, Paris 1836, page 387.
[13] Les sources de l'incrédulité, page 35.
[14] Les sources de l'incrédulité, pages 116 et 135.
[15] Le Culte de l'Amour Divin ou la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus 1, page 4.
[16] Le Culte de l'Amour Divin 1, page 5.
[17] Le Culte de l'Amour Divin 2, page viii.
[18] Histoire de la Ville de Lodève 2, pp.189-190;Cartulaire de la Ville de Lodève, doc.ccxci page 447;La Juridiction Spirituelle de Saint-Guilhem-le-Désert pp.166-170; bibliothèque: voir lettre patente du 23.04.1779, Cartulaire de Lodève, doc.ccxci, page 447.
[19] "Nous .... Consouls Sigilliés elegits la presento annado per regy lous bès publics de la presente cieutat, proumeten et juran entre les mans de vous Monseigneur que vous seren oubeissens et fidels subjets et de ben et degudamen regi lous bès publics de vostre cieutat et de vostre dieucezo et que noun entreprenden ren contra votre authouritat et juridictiou et de votre gleise que nous usaren del sagel per sagella aucuns instrumens oubligataris mais soulamen lettros missivos et noun contrevendren en aucune sorte a vostra dicha authouritat et juridictiou aital ou juran sur tous quatre Sants Evangelis et aital Dieu nous ayde." (A.D.H. Délibérations Consulaires de Lodève 1750-1756, serment du 11 avril 1756, 142EDT47 vues 183-184 voir aussi 142EDT49 année 1767 vues 54-55 et autres années. La cérémonie se déroulait place Broussonnelle, actuelle place Alsace-Lorraine).
[20] Histoire de la Ville de Lodève 2, pp.160-167.
[21] Archives Départementales de l'hérault, 3E146/7 et 5MI29/6 (mariage du 30.02/1790) Le "suisse" d'église ou "bedeau" avait la charge de la police intérieure de l'église, mais aussi de l'évêché et de la protection de l'évêque.
[22] Histoire de la ville de Lodève 2, page 198.
[23] Affiches Annonces et Avis Divers ou Journal Général de France du mardi 7 septembre 1784, page 509. Bertrand Garipuy, architecte, (1748-1782). La construction du pont commencée en 1776 ne sera terminée qu'en 1810.
[24] Saint-Guilhem-Du-Désert, page 10.
[25] Histoire de la Ville de Lodève 2, pp.267-269.
[26] Archives Départementales de l'Hérault, 3E146/7 et 5MI29/6 (sépulture 27.01.1790). L'année suivante, le 5 février 1791 on note le décès de son Maître d'Hôtel, Joseph Leclerc, à l'âge de 82 ans. Mgr de Fumel est le 78e et dernier évêque d'ancien-régime de Lodève. Son successeur désigné par Louis XVI, Jean Georges Gabriel de Lévezou de Vezin, n'a pas été sacré en raison de la suppression du diocèse de Lodève à la suite de la loi du 12 juillet et du 24 août 1790 sur la Constitution Civile du Clergé.
[27] A la mi-juin 1794, le tombeau des évêques de Lodève fut violé par plusieurs excités de la Société Populaire. Le cercueil en plomb de Mgr de Fumel fut ouvert, son cadavre dépouillé des ornements qui le couvraient. Le corps devait rester sans cercueil jusqu'en 1828, année où M. Beaupillier fit confectionner un cercueil en bois, pour y recueillir les ossements. Depuis le 26 novembre 1793, la cathédrale était devenue le Temple de la Raison, en même temps qu'un dépôt de foin pour les chevaux de l'Armée. Dans le courant de juin 1794, elle fut consacrée à l'Être Suprême pour n'être rendue au culte catholique que le 15 juillet 1795. Un maître de musique utilisait l'orgue pour agrémenter les fêtes patriotiques. Après une querelle entre la municipalité de Lodève et l'Économat qui gérait le temporel des églises, le mobilier du palais épiscopal fut vendu aux enchères en mars 1790 au profit de l’Hôpital. (Voir les Délibérations municipales A.D.H. 1MI824/2-3; 8HDT C3; et Élisée Lazaire, Éloge de Mgr de Fumel, pp.58-59, note 1).